Paradeisos

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Les matins d’été je m’éveille impatiente d’aller faire le tour de mon petit jardin. Les odeurs sont toujours plus puissantes à l’aube, les gouttes de rosée les exacerbent certainement ; la vie s’active déjà, les abeilles plus matinales que moi butinent les lavandes tout juste en fleur, leur odeur est enivrante. Je les regarde toutes, mes plantes, je les défends, je chasse les pucerons qui comptent bien faire leur festin de mes tomates, sucer la sève, chacun voit midi à sa porte… Je taille ce qui dépasse, ce qui encombre, ce qui asphyxie, savoir trancher dans le vif, laisser mourir ce qui doit mourir, ne pas se cramponner aux branches, la nature m’a appris ça. Je vois le foisonnement de ce petit espace trop planté, ce bordel vert. Ce jardin est un miracle, au commencement il n’y avait rien, si ce n’est quelques oliviers (dont nous n’étions pas certains qu’ils survivraient aux travaux), et maintenant c’est une jungle: les lauriers roses, les chèvrefeuilles, les éléagnus, la glycine, les jasmins, le houblon, l’amandier, les roses trémières, les mufliers, les lavandes, les goras, l’oranger, le palmier, les alysses, les pittosporum, les rosiers, la clématite, le lilas blanc, les vignes, les plantes aromatiques : romarin, menthe, verveine, ciboulette, basilic, estragon, sarriette, cerfeuil, coriandre, persil, le potager…

 

Ici j’ai la sensation d’une bulle en dehors du monde, il faut dire qu’il n’y a aucun vis à vis, je me sens protégée et libre en même temps. Ici comme Adam et Eve au Jardin d’Eden on peut vivre nus et on ne se gêne pas.

J’aime les jardins clos de mur, petits cocons; les jardins sans limites m’angoissent, je ne pourrais pas m’y sentir chez moi. Je songeais à ça ce matin, à cet amour des jardins de curé, mes cours de langues anciennes me sont revenus, l’étymologie du mot paradis, en latin « Paradisus » signifie « enclos » et pour les grecs le « Paradeisos » était un « jardin clos ».

Le paradis est donc un jardin clos, intime dans lequel on vit insouciant… Le chat n’avait pas besoin de l’étymologie pour comprendre ça, la vie buissonnière, celle qui s’étire comme ça vient, sans contrainte,

libre.

 

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