I’m just a girl

 

 

I’m just a girl…

Bien sûr, comme vous j’ai vu ce film dix fois, et cette réplique m’émeut toujours autant, une des plus belles déclaration d’amour. Où plutôt une déclaration de vulnérabilité: oser se livrer, se mettre en danger, ouvrir son coeur, suivre son coeur.

Je pensais à cela ce matin en préparant mes cours de la journée, je pensais à cette possibilité d’être vrai, de montrer sa vulnérabilité.

Je pensais à cela car j’ai reçu un message d’une élève qui ne va pas bien, je  réfléchissais à construire une séance qui pourrait l’aider, lui faire du bien, l’apaiser un peu.

En pensant à elle, cette scène m’est revenue, le mot vulnérabilité avec. J’ai pensé que ce qui me touchait le plus chez un être était sa vulnérabilité.

Oser cela.

Oser soulever le voile de la perfection affichée pour montrer, dire: « Je ne vais pas bien »,  » Je pense à toi »,  » Je t’aime »… Sans avoir aucune assurance de ne pas se prendre une porte en retour…

 

Et si, pour aller bien il suffisait d’accepter d’aller mal?

 

On confond si souvent le yoga avec une « science/philosophie » du bien être… Comme si les profs de yoga étaient des gens parfaitement accomplis, sages, équilibrés, sains de corps et d’esprit, meilleurs que les autres… Mais rassurez-vous les pires cinglés, méchants, manipulateurs, égoïstes, menteurs que j’ai pu rencontrer étaient de grands pratiquants de yoga…

Pourquoi?

Peut-être parce que cette volonté de « lisser » l’être humain et les émotions négatives qui vont avec, transforme un individu en monstre, le fameux « Qui veut faire l’ange fait la bête » de Pascal.

Le yoga n’est donc pas du tout une « activité » de « bien être », il propose au contraire un chemin long et ardu qui vous mettra en face de vous, de vos contradictions, de vos schémas répétitifs, de vos impossibilités car le corps ne ment jamais.

Jamais.

Vous pouvez vous manipuler vous-même, votre esprit est même très fort pour cela, vivre une vie, un travail, un amour qui ne vous correspondent pas du tout et vous persuader que ça va… Mais votre corps lui ne se laissera pas museler ainsi, un jour il vous enverra une grosse maladie, ou de l’inconfort, d’ailleurs la sagesse populaire n’a pas manqué de lucidité à ce sujet:

 » j’en ai plein le dos »

« ne te mets pas la ratte au court-bouillon »

« ça me reste en travers de la gorge »

« j’ai les boules »

« ça me retourne le coeur » ; « j’ai le coeur serré »

« ça je ne le digère pas »

Ou au contraire « avoir du coeur à l’ouvrage », « des papillons dans le ventre », « sentir son coeur battre »…

 

Le corps exprime toujours ce que nous n’osons pas dire, vivre, ou ce que nous ne « digérons » pas…

Si je lisse mes paroles, si je cède à l’injonction de bonheur, de vie saine et parfaite alors je vais contre ma nature, la nature humaine avec sa condition si imparfaite…

Le yoga nous aide à calmer le mental, pour justement entrer en contact avec qui nous sommes profondément. Le yoga ne nous demande pas de masquer, de refouler quoi que ce soit.

La peur, la jalousie, la colère, la tristesse, la frustration, tout ceci fait partie du spectre des émotions humaines, les nier c’est au contraire leur donner plus de puissance. Il ne s’agit pas de les cultiver mais, au contraire de les accueillir, quand elles sont là pour voir ce qu’elles ont à nous dire.

La vie ne sera jamais un long fleuve tranquille, même si vous pratiquez le yoga, fuyez ceux qui vous garantissent le contraire.

Le yoga vous permettra au contraire, d’accepter, de vivre la vie COMME ELLE EST, de vivre CE QUI EST.

De vous accepter COMME VOUS ETES, imparfaits, ce qui ne veut pas dire que vous n’allez pas travailler à vous améliorer, à vous défaire de mauvaises habitudes, d’addictions… Vous y parviendrez d’autant mieux que vous n’êtes pas en lutte… contre vous.

Et non, la vie n’est pas une sublime image Instagram, une maison « Simple things »… La vie peut puer des pieds, transpirer, avoir des insomnies, laisser traîner un caleçon au sol, fumer un  joint dans une soirée, boire trop, réchauffer de temps en temps une pizza surgelée…

Et oui, comming out, je le dis à mes élèves, ou à ceux qui m’écrivent pensant que je ne bois que du thé vert et que je ne mange que des graines de courge… Et non, souvent, je me sers un verre de vin rouge, seule dans ma cuisine en préparant le repas, je fais aussi de grosses colères, je tasse la poubelle par flemme de la changer, pensant que mon mari le fera, parce qu’il pleut et que je n’ai pas envie de ressortir,  je ne crois pas au « miracle morning », je ne suis pas du matin, pas du tout, je me couche tard, je dévore les séries, je suis accro à Netflix, j’envie le génie des ces scénaristes, j’ai des frustrations, des regrets, des remords, des choses que j’aurais tellement aimé accomplir et que je n’accomplirai peut être jamais, je n’ai pas le ventre plat (et je m’en fous), parce qu’un des mes grands plaisirs de la vie est manger, j’ai des hauts et des bas, mais j’aime bien la mélancolie, et la nostalgie, même si le yoga dit que « c’est mal », que c’est vivre dans le passé.

Je suis si imparfaite, si vulnérable,

Mais chaque jour je retourne sur mon tapis avec mon sac à dos  d’imperfections, de failles, et peu à peu je fais le tri, parfois je triomphe, je me sens la reine du monde, parfois je m’effondre, je peste de revivre les mêmes choses: « mais bordel je n’ai pas changé! »(oui j’aime aussi beaucoup jurer), parfois le corps ne veut rien entendre, la fatigue, la lassitude, le vide, le trou.

Alors je tombe.

Mais j’ai de bons petits bras musclés et je maintenant je remonte de plus en plus vite…

Parce qu’il y a des jours, la plupart du temps, je sais que ce trou est là sur cette route alors je choisis de prendre un autre chemin.

I’m just a girl…

 

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