Songe d’un après-midi d’été

sistera

 

Elle est partie.

 

La maison semble hébétée, après ces jours d’agitation, de vie plus forte, même le chat tourne en rond, renifle, cherche, son odeur est encore là, pourquoi pas elle? Il erre de coussins en fauteuils, quête sa trace.

 

Et moi je suis un peu perdue aussi, comme lui, je ne sais plus où m’assoir, je revois nos petits déjeuner sur la banquette en bois, à l’ombre des lauriers roses, trempées de nos baignades matinales, emmitouflées dans nos grands draps de bain, l’eau froide qui réveille, nous aimons ce coup de fouet là.

 

La maison grande ouverte, les odeurs de café, de pancakes au sarrasin, de ses « beaucoup fourrés » abricots-amandes-romarin, je vais faire un régime ça c’est sûr.

 

La cuisine résonne encore de nos après-midi à imaginer des recettes, écouter ses recommandations (qui ressemblent parfois  à des ordres! Bossy sisters), la connaissance des plantes sauvages, des espèces méconnues et pourtant comestibles, il faudrait qu’elle se lance.

 

La maison est drôlement calme, si ce n’est le son continu des cigales, ce chant en forme de scie que j’aime tant. Bande son de l’été, vibration de chaleur, signe qu’il faut profiter, il partira si vite…

 

Avec elle tout s’ouvre, résonne différemment, moi la sauvage, sortir de ma zone de confort, ouvrir les portes, les fenêtres, vivre sans limites. Un peu bohémienne, moi qui suis si casanière…

 

Elle parcourt le monde, repart en Italie, s’abreuve d’un savoir sans frontière, moi je rêve à l’ombre de l’olivier… Tellement différentes.

 

La piscine ne fait plus de vagues…  Les blagues, les bombes, les longues heures à lire sur le fatboy, à parler de nos vies, de nos joies, de nos tristesses, de nos projets, de nos « et si… »

 

« Et si tu venais vivre ici? »

 

L’univers l’a dans les mains, it’s up to you! Puisqu’un ami, un peu médium, m’a dit que l’on ne choisissait rien, ou si peu,  » chocolat blanc ou chocolat noir, au fond tu ne décides pas plus que ça… » Fatum, Fortune…

 

Et si…

 

Cela revient toujours au même, s’abandonner à vivre.

 

Je m’abandonne à cette solitude retrouvée, le petit chat, les cigales, les gros geckos, les punaises qui attaquent mes tomates, je suis perdue avec cette liberté là, moi qui chéris pourtant ces moments de rêverie.

 

Et puis l’été, parfois, il y a cette petite mélancolie qui se cache au coeur de la chaleur, du soleil qui écrase tout et annihile le mystère. Le vert me manque, je ne rêve pas d’îles méditerranéennes, je me languis de vert, de forêt, de mystère… Fuir la foule aoutienne, n’importe où pourvu qu’il y ait ce vert, ce calme, cette possibilité du songe.

 

L’homme ne rêve que de Grèce, il a trouvé un sublime hôtel, j’ai lu sur Tripavisor que des clients avaient été mordus par une scolopendre dans leur lit!

 

Ce n’est vraiment pas possible.

 

Lui le méditerranéen, les paysage arides, brutaux, déchirés.

Moi, la celte, la campagne verdoyante et vallonnée.

 » Toi tu voudrais vivre dans le Shire » (Il faut avoir vu/lu le Seigneur des anneaux pour comprendre)

Au fond, je dois être une Hobbit (sans les poils!), vivre dans ce paysage de campagne anglaise, les petits cottage, les jardins délimités de minuscules clôtures en bois.

 

C’est une idée ça, et la campagne anglaise?

 

Pas douée en vacances. Parce que je ne sais pas si je les aime vraiment, j’aime mieux la vie comme elle vient, un jour après l’autre, le quotidien qui terrorise tout le monde, moi je le chéris.

 

J’ai toujours envie de faire, de créer, je pense au petit café de ma soeur, comme ça pourrait être, une nouvelle aventure, peut-être, et puis il y a ce nouveau roman, cette écriture qui me démange, le temps que je n’ai pas encore eu…

 

Des vacances, oui, mais s’il y a des châteaux à visiter, des grottes, des forêts, du mystère à engranger, des réserves pour les sombres journées d’hiver…

 

Miss you petite soeur.

 

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