là où je suis

today

 

Le vent fait trembler la maison, la tempête brutale, sauvage, voilà pourquoi j’aime vivre à la campagne, sentir la nature, physiquement ses assauts. La pluie bat violemment les vitres, parfois la lumière vascille, ambiance gothique, le petit frisson qui va avec. Je ferme les yeux je suis dans la lande écossaise, un manoir, la brume entoure l’habitation d’un halo fantomatique. Je ne sortirai pas aujourd’hui, je trépigne de joie à cette idée, l’été est définitivement parti, enfin je crois… Dimanche il était pourtant encore là, les jambes nues, les épaules aussi, pas moyen de supporter un vêtement trop couvrant. Mais ce matin, j’ai ressorti l’épais gilet de laine, le legging, les grosses chaussettes, l’attirail d’automne, le complet trois pièces. Cette toute petite chose me rend heureuse, parce qu’au fond, je le sais bien, je suis un loir qui attend l’automne pour allumer le poêle, sortir le grand plaid écossais, passer de douces soirées, bien au chaud, lové sur le canapé…

Mais dimanche c’était l’été et je m’en trouvais parfaitement heureuse, juste à côté de chez moi, cette Sainte-Victoire glorieuse, la vue, sublime, les odeurs de garrigue, le sol rouge, craquelé, les gros lézards vert-fluo, les sculptures de pierre laissées par les randonneurs, land art poétique. Je me disais, le paradis, est ici, ça c’est certain.

Et puis aujourd’hui je me réjouis, de cette tempête, de ce gris du ciel…

Et si le bonheur c’était cela, vivre avec ce que l’on a, parfaitement dans l’instant, où je suis…

Le bonheur…

Chacun le cherche, Graal des temps moderne, Arche d’alliance perdue… ? Je n’ai pas de recettes, mais ce que je sais, de façon certaine, c’est qu’il n’est pas pour demain, ni ailleurs, ni encore moins en dehors de nous.

Il est ici, devant nos yeux, dans le quotidien le plus trivial : une marche dans la nature, un dimanche pluvieux devant un feu de cheminé, caresser son chat, planter une graine, la voir germer et grandir, les fleurs que l’on dispose dans un vase, faire un dessin, écrire/lire un mot d’amour, danser, préparer un gâteau, dévorer un roman, déguster un verre de vin, se retrouver le soir, se coucher l’un contre l’autre et apprécier cela, tellement.

Le bonheur est une succession de petits bonheurs justement, qui, mis les uns à côté des autres, forment ‘Le bonheur’.

Peut-être faut-il un regard aiguisé, peut-être faut-il rééduquer ce regard, le muscler, comme un muscle mou laissé en jachère, peut-être ne sommes-nous pas tous égaux face à cela, je ne sais pas…

Je pense que ce bonheur là nécessite une forme d’abandon, de lâcher prise, qui semble difficile pour la plupart d’entre nous.

Hier, fut une journée bien étrange pour moi : contretemps énervants, alors j’ai couru, couru après le temps et bien sûr en envoyant cette mauvaise énergie j’ai cassé mon téléphone, mon juicer, et définitevement endommagé un tapis Manduka neuf (et j’ai failli avoir un accident de voiture qui m’a laissée toute tremblante au volant…). Ma première réaction fut l’énervement, bien sûr. Mais au troisième objet cassé j’ai lâché prise… J’ai pris un instant pour respirer, j’ai regardé autour de moi, la maison, mon environnement, le coucher de soleil sublime, le ciel déchiré de rose, de jaune, d’orange, tie and dye psychédélique, et je me suis dis que j’avais de la chance, beaucoup de chance…

 

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