Quand vient la fin de l’été

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Quand vient la fin de l’été sur la plage…

 

Le soleil est plus pâle…

 

Le sable brûle moins les pieds, la lumière a changé, le ciel se voile, les serviettes s’espacent, comme si, désormais elle était là pour nous, la plage, poétiquement offerte, la magie est revenue, c’est vrai qu’elle s’accorde mal à la foule, au plein soleil. Mais il faut se méfier de ses enchantements, le soleil joue des tours, la peau toute cuivrée, d’autant plus que l’on ne s’en est pas méfié. Ça tombe bien, on fait des provisions pour l’hiver, on en veut encore de ce hâle doré.

 

L’eau est tiède, incroyablement tiède, il faut dire qu’elle a chauffé tout l’été, septembre nous fait toujours cette surprise là. On reste longtemps dans le liquide salé, on s’abandonne, on flotte entre deux eaux, on laisse partir ce qui doit partir, mourir ce qui doit mourir, il faut laisser de la place, pour le nouveau ; un cahier neuf, la rentrée incite aux pages vierges.

 

Notre yoga.

 

Notre yoga, notre plus puissant yoga est souvent bien loin des asanas (postures), c’est dans l’immobilité, dans la marche que nous le rencontrons. Cet état de parfaite union, de parfaite présence à l’instant, à ce qui est.

 

Je songe à cette demande de vendredi, une personne qui voulait des cours « pour apprendre à contrôler ses émotions » ; j’ai dit que je ne savais pas faire ça, parce que le yoga c’est exactement l’inverse : apprendre à lâcher prise (vairagya), à accepter que la vie ne nous apporte pas ce que nous voulons mais ce qui est bon pour nous, même si cela contrarie nos plans, brise notre coeur, bouleverse notre ego, l’aplatit même. Apprendre à lâcher prise et à avoir confiance (shraddha), confiance en la vie, en ce qui est, comme ça vient. Confiance en nous aussi, ancrer, forts, quoi qu’il advienne. Ne pas se laisser ébranler, laisser passer les orages et les tempêtes, car souvent, après coup, on s’aperçoit que ce que l’on prenait pour un ouragan n’était qu’une petite pichenette/des vessies pour des lanternes/le fameux mythe platonicien de la Caverne: l’homme, pauvre chose victime d’illusions, si gonflé d’orgueil qu’il ne voit plus sa vraie nature.

 

Le recul, se détacher de notre ego, des blessures narcissiques, des manques, des incapacités à atteindre l’autre tout à fait (je le veux d’autant plus que je ne le « possède » plus, quand je le possède finalement il ne m’intéresse pas tant que ça, on le sait, le désir se nourrit du manque, mais est-ce l’amour cela ?). Laisser passer les émotions, quelles qu’elles soient, ne pas les retenir, les observer, voir, comprendre pourquoi elles sont là, ce qu’elles viennent nous dire de nous, de nos vies. Avoir le courage de regarder en soi (svadhyaya), sans complaisance, même si ça fait mal à crever, ne pas tourner les yeux, ne pas rejeter la « faute » sur les autres, sur la vie.

 

Quand vient la fin de l’été sur la plage…

Laisser mourir ce qui doit mourir, les vagues emportent ce qui n’a plus cours, on n’est même pas triste, on lâche, soulagée, s’abandonner à vivre, c’est si doux, accepter que l’on ne contrôle rien ni personne, si reposant.

Et ouvrir la porte, encore et encore pour accueillir.

 

Accueillir.

 

Welcome

Life…

 

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