no shoes, no news

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La claque du retour, le monde en pleine figure, d’autant plus violemment que l’on avait oublié qu’il existait. On pensait qu’il n’y avait que nous, la plage, les pieds nus dans le sable chaud, nos caprices, «vivre de régime et manger à nos heures»…

 

Robinsonnade, à quoi bon les vacances autrement ? Enlever les couches de tissu et les conventions, se départir des horaires, des obligations, des tracas, des «il faut que/ je dois». Les jours passent, les soucis disparaissent, il nous faut toujours un peu de temps pour s’extraire de l’année passée, de la civilisation aussi. Parce que maintenant, on sait ce que l’on veut, des vacances TOTALES, sans aucune contrainte, vivre comme ça vient, vivre comme un animal, manger quand le ventre crie, dormir quand les yeux piquent, courir quand l’envie nous prend, jouer, retrouver des amis.

Vivre comme un chien, un chat, selon ses pulsions, son bon plaisir, abandonner la lutte des jours chronométrés, laisser le temps s’étirer comme il veut, chercher la petite mélancolie des longues siestes de plage, les regards qui se perdent dans l’horizon, les polars plein de sable, la peau qui gratte de sel. Se retrouver aussi, les corps autant qu’ils veulent, le temps des longues discussions, les projets pour l’année à venir, ensemble. Le recul enfin, à force d’avoir la tête dans le guidon, on ne voyait plus rien, à force de s’étourdir de travail, on ne savait plus où aller, avec qui, pourquoi. Ici on lâche la peur de perdre, de déplaire, de mal faire, parce qu’après tout, on s’en fout.

 

On médite cette phrase de Pagnol : « L’important, c’est de s’en foutre », ces mots qui portent en eux toute la sagesse des grands sages !

 

Let it go, let it be…

 

On médite malgré soi, on se surprend l’esprit comme une rivière calme.

On se braque un peu, on n’a pas l’habitude de cette sérénité là, habitués que nous sommes à l’agitation… La mer lave les pensées, ça c’est sûr, le sac et le ressac bercent ; l’air, puissant, forme des appétits d’ogre, on dévore, on boit des verres de rosé, le soir, sur la terrasse de notre petite hutte de paille, les pieds dans le sable encore chaud.

 

On est bien.

 

On voudrait ne plus quitter cette robinsonnade, ce début d’été brûlant, ces moments si parfaits qu’ils nous effraient presque, maladroits que nous sommes face à la félicité.

 

On réalise, incrédule que l’on n’a pas porté de chaussures de la journée… On n’en revient pas de cette liberté là, de ce symbole de la civilisation ici envolé.

 

On ne lit pas les journaux, on n’écoute pas la radio, le portable ne passe quasiment pas…

No shoes, no news…

 

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