pan bagnat+ soleil+ mer = day in heaven+ sunburn

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Il m’a demandé ce qui me ferait plaisir, une journée d’anniversaire, un dimanche… J’ai dit: « Je voudrais dévorer un énorme Pan bagnat qui coule sur les doigts, au soleil, face à la mer. »

 

Ce que femme veut…

 

Bien sûr il fallait que les dieux soient avec nous, Hélios en particulier… Parce que j’étais en manque, en puissant manque de soleil. Chaque année c’est la même chose, avril me transforme en une espèce de lézard qui cherche, comme un affamé, le moindre rayon. Mon corps réclame cette puissance, et comme je suis toujours mes pulsions…

 

Nous garons la voiture à côté de la petite baraque de plage, il faut connaître ce petit qui prépare, devant vous, les fameux Pan Bagnat. L’évocation seule de ce sandwich me transporte instantanément sur une plage, au mois d’août. Le goût des vacances. Je demande toujours plus d’huile d’olive, il faut que ça coule, que ça glisse sur les doigts.

 

Je la regarde emballer ces trésors, consciencieusement, dans de grandes feuilles d’aluminium, ajouter, attentionnée, quelques feuilles de Sopalin au fond du sac blanc. J’attrape le lourd paquet, maintenant il faut trouver l’endroit parfait pour le déguster, seuls au monde, plein sud, cap vers le soleil de midi.

 

Nous marchons quelques temps,  j’ai osé le short, comme un défi, comme si ça ne pouvait pas être autrement que chaud, parce que je le veux, parce que l’hiver est définitivement un chapitre clos de mon existence, derrière moi, parce que devant, il y a l’été, et qu’aujourd’hui, je veux anticiper les bains de soleil et de mer, faire comme ci c’était déjà juillet.

 

On dirait que tu serais…

 

Alors il ne me contredit pas, il darde ses rayons, brûlants, parce que je veux brûler, parce que bien sûr il est hors de question d’appliquer une quelconque protection solaire, parce que se protéger de tout ce n’est plus vivre et moi je veux bronzer, dorer, parce que demain on ne sait jamais. Toujours ça de pris!

 

Alors, la peau s’éveille, sous l’assaut de ces minuscules aiguilles, presque violentée,  elle sort brutalement d’un long, trop long sommeil.

 

J’entends les voix: « Ce n’est pas prudent, tu verras quand tu seras vieille… » Et bien je serai une petite vieille bronzée! Puisqu’on vieillit de toute façon… autant vieillir hâlée, au moins j’aurai bonne mine!

 

Comme s’il fallait se priver de jouir, contenir son plaisir, ses envies, compter les verres dans chaque soirée, par peur des lendemains migraineux, comme s’il fallait brimer son plaisir, le contenir, des fois que…

 

Mais j’ai .. ans aujourd’hui et je respire fort, et je me réjouis de ce moment, puissant, de ces paysages grandioses, je me réjouis de réaliser, une fois de plus, que les meilleures choses de la vie sont gratuites: l’amour, la nature, les paysages sublimes, marcher dans ce bel environnement, se baigner dans la mer émeraude… Gratuits et sans limite d’âge: marcher, marcher encore, courir, nager, respirer l’air du large, ouvrir son coeur et ses poumons à ce que la vie nous offre, sans restriction.

 

La côte est déchirée de roches et de bleu, de variétés infinies de fleurs, des odeurs de lavande sauvage, de mimosa encore, de tamaris et d’embruns.

 

Happy birthday!

 

Happy day… Cadeaux de la nature, nous marchons longtemps, longtemps, le long de la côte, puis dans les terres, entre les vignes, les pins odorants, les ravissants chênes liège, ici c’est chez nous, la sensation chaque fois d’appartenir à cet endroit, entre mer et campagne, le paradis sur terre. Nous finirons nos jours ici, il ne peut en être autrement.

 

 

Bien sûr après, il faut payer,  les plaisir crus, les pulsions mordantes ont toujours un prix: le coup de soleil est là, ça pique et ça gratte, mais puisqu’on l’a voulu…

 

Vieillir (grandir?!) n’est-ce pas assumer ses faiblesses, ses pulsions, ses défauts, ses envies? Accepter, embrasser sa « mortalité », racler les pots pour n’en pas perdre une miette, vivre plus fort, autant qu’on peut, parce que demain…

 

Parce que demain…

 

 

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2 Reactions

    • julie

      Merci Julie!
      Surtout que ce bonheur là est à la portée de tout le monde: la nature, le soleil, le grand air…

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