Marseille vert

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Février a souvent ces éclats là, un soleil inespéré, une lumière à devenir fou de bonheur. Oasis au cœur d’un hiver étrange, entre pluie et froideur nocturne. Carpe diem, saisir chaque occasion de jouir. Le plaisir sera d’autant plus fort qu’il a été brimé. Des jours de claustration forcée, le grand air me sera la plus puissante des caresses.

 

Prisonnière libérée, chaque souffle de vent exacerbe des sens affamés de liberté.

Depravation sharpens pleasure:

Il faut être affamé pour prendre toute la mesure d’un repas abondant, il faut être épuisé pour apprécier une profonde nuit de sommeil, il faut avoir été alité pour brûler de courir.

 

Je suis affamée, d’air frais, de marche, de vent dans les cheveux, de soleil, de paysages grandioses.

Le vent souffle, la mer est démontée, je laisse les embruns me fouetter, la nature fait encore sa loi ici.

Ici, ce sont les calanques, Marseille, Marseille vert. Ici c’est aussi un peu la Grèce, la méditerranée forcenée : le bleu, si bleu, en haut, en bas, une lumière à nulle autre pareille.

La randonnée sera longue, difficile mais c’est ce que je veux, sentir le corps fonctionner, fort.

D’abord il faut monter, tout en haut dans la colline, bien sûr je songe à Pagnol, chaque fois cette douce pensée, la garrigue, Marseille, les paysages bruts et libres, comme les habitants. Ici, le vent n’est plus, à l’abri, le soleil cogne, une couche après l’autre, le sac à dos est bientôt plein de ces rebuts encombrants. Malgré cet effeuillage j’ai encore chaud, vraiment chaud. Je me délecte de cette chaleur inopinée, les cailloux roulent sous mes pieds, je glisse et dérape, je m’accroche dans les montées les plus escarpées, les jambes tremblent, après une semaine sans exercices, elles se rebellent devant tant d’efforts.

 

J’emplis mes poumons: thym, romarin, le sentier exhale de puissantes odeurs de sud. A droite, la mer, le bleu encore, l’infini de l’horizon, quelques voiliers brisent cette monotonie.

 

Les kilomètres s’enchaînent les chevilles maltraitées finissent par se plaindre, mais on est arrivé à la plage, la toute petite plage déserte. Celle qui ressemble au Mexique, les plantes grasses, les falaises arides, rouges et jaunes, un chien court dans les vagues.

Je m’assois, je regarde les flots, les reflets du soleil, éblouissants et mystiques.

 

Marseille…

 

Fascinante Marseille, urbaine et sauvage, douce et violente, belle et affreuse, sale et parfaitement pure, traînée et vierge immaculée, accueillante et repoussante, colorée et noire, bruyante et méditative, verte et hostilement minérale… Elle-même et son contraire, mais toujours puissamment vraie.

 

 

Je le regarde, je lui dis : « Peut-être qu’on finira par venir vivre ici, une maison au bord de l’eau, ce serait bien, non ? »

 

Ce serait plus que bien…

 

 

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