are you happy or just confortable?

mermaid

 

J’aime commencer la journée en regardant le jour achever son lever ; depuis la grande baie vitrée je vois les bois au loin, selon le temps, ils se couvrent de brume, une brume intense, romantique, propre à fonder un jour presque gothique. Mais parfois, comme ce matin, les arbres au loin se parent de rouge, de jaune, d’orange, de rose, comme s’ils brûlaient, comme si le soleil levant les irradiait de braises incandescentes. Alors je sais que la journée sera vibrante, l’énergie du feu, sa puissance de transformation.

 

Transformation.

 

Je me perds dans cette contemplation, je me dilue en elle, les pensées passent, je ne les retiens pas, je ne tente aucun contrôle, puisque je sais (je l’ai appris à mes dépends) qu’on ne contrôle rien. Alors je laisse le jour venir à moi comme il lui convient.

 

Cette méditation mobile (la méditation immobile, « forcée », ne me convient pas du tout) me permet de démarrer la journée dans un sas moelleux et poétique. Je ne force rien, je laisse venir, ça vient.

 

Après, le « réel » peut arriver, je l’attends, je suis prête. Mais il reste la trace, la trace profonde de cette méditation, les pensées qui remontent, les idées éclaircies, les évidences.

 

Ainsi ce matin, le mot « change » m’obsède-t-il. Ou plutôt cette phrase : «Change is a good thing, is it ? ». Je sais pourquoi, parce que depuis le début de l’année, j’ai appris que plusieurs de mes amis divorçaient. Dans tous les cas, la décision venait des femmes.

Pourquoi d’elles ? Sont-elles plus vite lassées ? Sont-elles plus enclines au changement ? Sont-elles plus courageuses ? Sont-elles plus vraies ?

 

Je songe à l’une d’elle en particulier. J’ai su la séparation hier. Une profonde tristesse m’a envahie, parce qu’une famille qui explose, c’est toujours une triste nouvelle. Les enfants sont petits, l’homme n’est pas d’accord, mais elle semble déterminée. Je ressens sa culpabilité, le poids de cette décision si lourde.

Mais elle ne fléchit pas, parce qu’elle sait que sa route, désormais, ne peut plus continuer ainsi. Je sens sa peine, mais je vois surtout son courage.

 

J’ai vécu cette situation (sans les enfants) et je comprends le poids d’une décision comme celle-ci, la culpabilité de détruire, de faire mal, d’imposer un changement, un bouleversement.

Mais il y a un moment où l’évidence prend le dessus, où l’on refuse de vivre une vie qui ne serait que faux-semblant. Parce qu’au fond, même les enfants sentent ce mensonge, parce que les aimer, c’est aussi leur montrer qu’une vie heureuse nécessite d’être sincère envers soi-même. Et que cette exigence demande de la bravoure, des remises en question, des sacrifices. Parce que ce profond accord avec soi-même est le plus bel exemple d’amour et de courage que l’on puisse transmettre.

 

Elle a cette force là, malgré les questions, les peurs, les doutes, les pleurs, les cris, les incompréhensions, les comment vais-je m’en sortir toute seule ?

 

Elle a cette détermination et elle m’impressionne. Souvent, les femmes m’impressionnent, leur incapacité à tourner la tête de l’autre côté, leur volonté de vivre une vie authentique. Refuser le mirage d’une vie de couple vascillante, embourbée dans la routine, ou les dissimulations. Quand l’autre n’est plus qu’un meuble, quand chacun vit à côté de l’autre sans se rejoindre vraiment. Même si le confort est là et qu’il est si difficile de renoncer à une vie « confortable ».

 

Parce que pour vivre à deux, il faut être deux à le vouloir vraiment, parce que si je n’admire plus l’autre, comment puis-je l’aimer ? Parce que si je ne partage plus rien, profondément, à quoi bon ? Parce que si ses mains ne me font plus frémir, je ne peux me sentir qu’à demi vivant(e) ? Parce que si ses blagues ne me font plus rire alors j’ai envie de pleurer…

 

Faut-il renoncer à se sentir vivant sous prétexte que l’on a signé un papier devant un homme ventripotent ceint d’une écharpe bleu-blanc-rouge ?

 

Je ne sais pas ce que je peux lui dire, si ce n’est que son courage (que je connaissais déjà) m’impressionne et qu’à suivre son instinct/son coeur, on se trompe rarement…

Avec le recul, j’ai fait ce constat, jamais je n’ai regretté quelque-chose que j’ai accompli en suivant mon cœur, jamais.

Et puis parfois, il suffit de quelques mois/années de séparation pour réaliser que l’autre nous manque et qu’on l’aime encore…

Parce que rien n’est définitif tant que l’on est vivant.

Parce qu’elle m’a écrit, ces mots si simples et si touchant : « J’ai encore tellement de belles choses à vivre… ».

 

Oui, ça, j’en suis certaine, parce que s’il y a quelqu’un qui mérite d’être heureuse, c’est bien toi.

 

Toi pour une fois, toi désormais, parce que parfois, il faut renouer ce contact là pour être bien à nouveau avec le « nous ».

 

 

 

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