se retrouver le soir

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La nuit est tombée, avec elle un froid humide, celui qui pénètre, profondément. Il rentrera gelé, brique réfractaire amenant un peu de janvier au cœur du salon bien chaud. Parce que j’aurai allumé un feu dans le petit poêle en fonte. Le foyer, cœur de la demeure, je tiens à cette ancestrale manière de jouir l’hiver. Le feu comme un habitant de plus, une façon de rendre la maison vivante, d’habiter la saison hostile. Et puis parce qu’il aime ça, comme si ce petit geste attestait de mon attention à son bien être, à ma joie de le retrouver après une journée de labeur.

 

Je prépare la maison, je m’affaire, petite abeille, à créer les conditions matérielles de notre bonheur. Je range, je trie, j’étends, que l’ordre l’accueille, que rien ne vienne perturber nos retrouvailles.

 

J’aime l’entendre dire : «  J’avais hâte de rentrer ma chérie, ça sent bon… ».

 

Parce que j’aurai réfléchi à la félicité de nos palais, anticiper notre plaisir, faire de notre repas une petite récompense du soir. L’odeur des oignons qui reviennent, du potimarron qui compote, le chat m’observe derrière la fenêtre. Reine de ce petit royaume, monarque incontesté, pouvoir de bienveillance sur mes sujets.

 

J’entendrai le scooter au loin, le chat qui bondit, le maître reste le maître. Il poussera la porte, accablé par le poids du monde, des jours qui n’en finissent pas, des soucis recyclables. Il m’embrassera, dira les mots, doux, filera sous la douche, chaude, longuement. Laver la journée pour commencer le soir.

 

Puis il viendra me rejoindre, m’embrassera dans le cou, coupera quelques morceaux de comté et nous parlerons de nos jours. Comme si nous étions séparés depuis une éternité, curieux de l’autre, affamés de ce quotidien que nous aimons tant. Rassérénant, comme le petit verre de vin rouge fruité qu’il nous servira. La conversation s’étirera, tant que le repas mijote.

 

Le repos du guerrier, plaisir archétypal, prendre soin de son homme, contempler son plaisir, son visage qui s’adoucit peu à peu, ses traits qui reprennent forme humaine, le monde moderne modifie décidément les physionomies.

 

Se retrouver le soir…

 

 

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