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« Le corps humain ne pourrait bien n’être qu’une apparence. Il cache notre réalité. Il s’épaissit sur notre lumière ou sur notre ombre. La réalité c’est l’âme. A parler absolument notre visage est un masque. Le vrai homme, c’est ce qui est sous l’homme. » Victor Hugo, Les travailleurs de la mer

 

 

Faire l’expérience de soi, je veux dire SOI, vraiment « qui je suis », en dehors de ma famille, de mon couple, de mes enfants, des modes, de ce que la course folle du monde me dicte et imprime en moi.

 

Qui-suis-je ?

 

Cela revient à ça, cette indécente question que l’on balaye d’un revers de manche, comme une mouche qui agace, mais qui revient cependant. On ouvre les fenêtres, on attrape un torchon, on veut qu’elle sorte maintenant. Mais le misérable insecte ne se plie pas à notre volonté, il se réfugie dans un coin, se cache derrière un rideau, on le croit parti, tranquille enfin, et puis le Bzzzzzzzz  revient et l’agacement avec.

 

Qui suis-je ?

 

Parce qu’au fond, il n’y a pas de réponse où une réponse si partielle, qu’on détourne la tête, à quoi bon ? Puisque je ne sais pas d’où je viens, ni où je vais… Fondamentalement les questions métaphysiques n’ont pas de réponse, seulement des hypothèses, ou des intuitions…

 

On m’a pourtant appris les certitudes, l’école fonctionne encore avec ce présupposé cartésien, la matière comme base d’observation, comme socle fondamentale et définitif : «  Je ne crois que ce que je vois », autrement dit, ce que je ne vois pas, ce que mes sens ne peuvent pas appréhender n’existe pas…. Alors j’ai grandi comme ça. Pourtant, au fond de moi, il y avait cette petite lumière que d’autres nomment « intuition », il y avait cette croyance profonde et irrationnelle que le monde ne se réduisait pas à l’observation « factuelle ». Peu à peu, j’ai laissé décanté cette acuité autre, que l’on appelait au moyen- âge « sorcellerie », peu à peu je me suis départie de mes certitudes, peu à peu j’ai réalisé que Descartes était complètement à côté de la plaque (mais son cadavre bouge encore !).

 

Vous dire ce que j’ai découvert serait comme vous confier ce en quoi je crois, une intimité qui ne regarde que moi, la spiritualité appartient à « notre arrière boutique », ce que je ne montre pas aux autres… J’illustrerai ce propos en citant ma chère Lady Violet Crowley (elle est un peu mon idole…) :

« My dear, religion is like a penis. It’s a perfectly fine thing for one to have one to have and take pride in, but when one takes it out and wave it in my face we have a problem. »

 

 

Mais… Ce que je voudrais communiquer ici c’est plutôt le processus, le « passage », « Je ne peins pas l’être, je peins le passage » écrivait Montaigne, ce qui nous conduit à élargir nos perspectives, à entrer en contact avec notre « soi ».

En effet, si je vis toujours de la même façon, si j’accomplis toujours les mêmes gestes, avec les mêmes personnes, il y a peu de chance pour que j’évolue et que je découvre qui je suis, profondément…

 

Je ne fais pas exception à cette façon d’être, j’aime les habitudes, j’aime la tranquillité, je n’aime pas que l’on vienne bouleverser mon quotidien…

 

Inertie ?

 

« Les mêmes causes produisent les mêmes effets », le principe de causalité vient régulièrement hanter mon cerveau frileux… Tel un chat devant un feu, j’aime à me rouler en moi-même, à prendre soin de mon petit confort, intellectuel et physique.

 

Jusqu’à ce que mon corps vienne bouleverser mon esprit… qu’il vienne déranger  mes certitudes :

 

Qui suis-je ?

Qu’il remette en cause, ce que je croyais être… ou n’être pas…

 

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J’ai peiné à dépasser mes peurs, mes a priori, mes certitudes (« tu n’y arrivas jamais, tu n’es pas assez forte, c’est impossible… ») à construire la force, le courage qui me permettrait  de dépasser les schémas anciens, ce qui ne m’appartenait pas, plus.

 

Mais j’ai tenu bon, d’abord parce que je n’aime pas l’échec, parce que l’idée d’être une peureuse m’est insupportable, parce que, malgré tout, au fond de moi, il y a toujours une intrépide, une tête brûlée. Parce que si ça ne brûle pas, je m’ennuie.

Tellement inconsciente parfois que j’ai commencé par me blesser, je me suis lancée sur la tête, crac, deux vertèbres cervicales tassées, pendant des mois je n’ai plus tourné la tête.

 

Calmée.

 

Parce que cette posture, Shirshasana, nécessite une patience infinie et une grande humilité sinon, à coup sûr, c’est la blessure.

 

Ce qui se passe sur notre tapis de yoga se déroule de la même façon dans notre vie : impatience, peur, blocage, manque de force, inflexibilité…

 

J’ai dû apprendre ces leçons, dans la vie et sur mon tapis.

 

Qui suis-je ?

 

Se mettre à l’envers pour voir le monde autrement, sous un angle différent, pour élargir ses perspectives, pour dépasser ses peurs et ses a priori, bouleverser ses habitudes et ses croyances et pourquoi pas, donner à sa vie une autre orientation?

 

Pour déployer/découvrir son potentiel, pour vivre une vie riche et pleine ?

 

Mais avant, construire patiemment les jalons de notre évolution, un pied devant l’autre, chaque jour ce mantra :

 

 

Pas à pas.

 

En prenant bien conscience de l’empreinte nouvelle de ce pied sur le sol, de la sensation, du plaisir… La sensation physique de son évolution, de ses progrès, si petits soient-ils.

 

 

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