demain?

 

J’étais vraiment circonspecte, parce que Mélanie Laurent… Ce n’est vraiment pas une fille qui m’inspire, je trouve qu’elle minaude tellement, pas naturelle, malgré ce qu’elle voudrait donner comme image… Mais… Il y avait cet instinct, je devais aller voir ce film. J’y suis allée, hier, par une après-midi pluvieuse.

 

Deux heures de documentaire, deux heures en apnée, happée, captivée par ce que je voyais, par ce que j’entendais.

Je me sens toujours si décalée, tellement en dehors de…

« tu crois au bio toi? »; « moi j’y crois pas, c’est une mode »;  « t’es au régime? »; » c’est un truc de bobo »;  » on pourrait pas nourrir la planète avec ton bio »;  » tu crois vraiment que les cancers ça a un rapport avec tout ça, moi j’y crois pas »; « le bio c’est un truc de riche moi j’ai pas les moyens »; « la fin du monde, n’importe quoi, on trouvera une solution.. »

 

Depuis vingt ans (et plus!), j’entends ces réflexions,  au départ je montais au créneau, la fougue de la jeunesse, les envies de changer le monde, de partager ses idéaux, l’impétueuse nécessité de convaincre, qu’il y avait urgence, que le modèle de société consumériste et global dans lequel nous vivions était un suicide à court terme. Mais j’en ai tellement pris plein la tête, qu’à force, je me suis tue.

 

J’ai continué à vivre selon mes convictions, à acheter au maximum bio et local,  à faire travailler les artisans à côté de chez moi, à privilégier toujours les circuits courts, le commerce de proximité. Je me suis efforcée de boycotter les supermarchés, de rejeter ce qui émanait des grands groupes agroalimentaires qui polluent la planète: Nestlé, Coca-cola company, Monsantau, les grands laboratoires pharmaceutiques…

Bien sûr parfois je ne pouvais faire autrement mais je limitais, autant que possible;

J’ai aussi diminué drastiquement ma consommation de viande, j’ai refusé d’acheter de la viande industrielle, celle qui ne respectait ni le bien-être animal, ni l’environnement.  Parce que ma religion à moi c’était le respect de chaque être vivant, le respect de la vie, sous quelle que forme qu’elle soit. Dieu était partout, présent à tout. Les abattoirs industriels sont une barbarie dont nous devrons répondre un jour (que la viande soit halal, casher ou « laïque »… ).

 

Mais souvent, bien souvent, je me sentais seule et j’avais l’impression d’être effectivement comme le petit colibri de Pierre Rabhi qui tente d’éteindre un incendie avec quelques gouttes d’eau dans son bec.

Désespoir.

Arrogance de notre espèce (évoluée?!) d’imaginer que nous sommes invincibles, que nous ne pouvons pas disparaitre ( à très, très court terme).

 

Pourtant, nous le pouvons, et nous disparaitrons si nous ne changeons pas très vite notre modèle de société fondé sur la croissance exponentielle, insatiable:

 

Sobriété heureuse, produire de la joie, ne pas avoir besoin d’anxiolytique, triste ce modèle de société prôné par Pierre Rabhi?

 

Dans Demain vous verrez la même chose, tout ce que nous avons à GAGNER et non à renoncer.

 

Je vois des hommes et des femmes qui agissent, qui proposent un autre monde. Un monde dans lequel ce n’est plus la finance mondiale qui règne en dictateur (car ils sont là les vrais dictateurs), mais l’être humain qui reprend le pouvoir.

La démocratie n’existe plus dans nos sociétés occidentales, ce sont les grands financiers, les grands industriels qui dictent la politique à nos gouvernants, que ce soit la France ou les US, il en est de même: oligarchie! Pouvoir de quelques uns: les grandes banques, les grands groupes agroalimentaires et industriels, les producteurs d’énergie fossile.

 

Si nous voulons revenir à la démocratie, au pouvoir du peuple, au pouvoir de chacun, alors il faut reprendre ce pouvoir. Boycotter systématiquement ce qui vient de ces grands groupes qui polluent, exploitent des gens, massacrent notre planète. Revenir à l’humain, à l’économie locale chaque fois que c’est possible, acheter moins mais acheter mieux, construire des maisons en bois (le seul matériau parfaitement renouvelable, qui dépollue en poussant (et qui peut être replanté à l’infini), qui retourne à la biomasse en fin de vie), à construire plus petit, à intégrer des panneaux solaires, des éoliennes (elles existent aussi pour les particuliers), à intégrer la géothermie dans votre système de chauffage, à ne pas avoir de gros 4×4 ultra polluants, à refuser les diesels, à prendre peu l’avion, à redécouvrir ce qu’il y a à côté de chez vous.

 

A retrouver, finalement, notre capacité d’émerveillement.

 

A nous battre pour le bio dans nos cantines scolaires, à ce que les enfants apprennent à cultiver un jardin, à travailler de leurs mains autant qu’à apprendre les maths et le français, à leur laisser le temps de faire éclore cette petite perle qui existe en chacun, qu’on leur laisse le temps de découvrir qui ils sont: manuel? intellectuel? jardinier? astrophysicien… ? Une place pour chacun dans un monde où tout le monde aurait sa place justement… Que les ados ne rêvent plus de travailler dans la finance pour conduire de grosses voitures (bien polluantes!) et exploiter le monde (quel rêve dénaturé), que ce monde ne soit plus un monde de convoitise, du toujours plus…

…que les jeunes ne rêvent plus d’être riches mais d’être HEUREUX.

 

Eduquer des enfants heureux, qui feront des adultes heureux. Cercle vertueux.

Oui c’est possible, mais il nous faut donner l’exemple d’abord, car un enfant ne se construit pas sur ce que nous disons, mais sur ce que nous faisons. Implacable mimétisme.

 

Faire sa part.

 

Et c’est là le message d’espoir du film, nous pouvons chacun, maintenant, agir, faire notre part. Nous avons ce pouvoir, maintenant.

Refuser systématiquement d’acheter ce qui ne respecte ni les hommes, ni les animaux, ni la planète. Votre pouvoir, aujourd’hui, c’est comment vous choisissez de consommer.

 

Parce que c’est maintenant parce qu’après, il sera trop tard.

 

Merci Cyril et Mélanie (!).

 

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