L’hiver est presque là…

nounouche

On ne l’a pas vu arriver, on pensait qu’on avait le temps, il faut dire que le sud fait ses coups en douce, la veille c’était l’été, indien certes, mais des températures à vous faire oublier le rythme des saisons. Il restait encore des feuilles sur les arbres, le soleil dardait ses rayons doux, des rayons qui nous obligeaient à enlever des couches : la veste,  le pull, pour se retrouver en t.shirt, en novembre ! Et puis un matin, le gel est arrivé, comme ça, sans sommation, le petit chat est tout ébouriffé de froid, un poil dru, brillant manteau de fourrure. Alors on a déclenché le plan d’action : on a rentré du bois, fait des provisions, on ne sait jamais… On aime l’idée de rendre l’habitation plus confortable, d’autant plus douillette que le froid est intense. L’hiver rend la maison plus moelleuse, on se vautre dans cette chaleur enveloppante, celle du poêle en fonte, on sort les plaids, on ajoute des coussins, on allume des bougies, on veille à ce que l’eau chaude ne manque pas. On prépare des gâteaux, on mélange des épices, des fruits confits, on hume ces odeurs de cuissons sucrées. On ralentit le rythme, l’hiver autorise un métabolisme plus lent, puisqu’on nous le recommande…. Le cerisier est désormais nu, enfin presque, une feuille ou deux pour masquer cette nudité nouvelle, comme s’il avait honte, on a de la peine pour ce squelette souffreteux. Une forme de mort à laquelle la nature s’abandonne et nous aussi, mourir pour renaître au printemps, mais chaque chose en son temps, maintenant c’est l’hibernation, consentie et douce, alanguie et suave. Même les chairs se ramollissent, les courbes s’arrondissent, l’hiver est la saison du gras et c’est tant mieux. Le gras c’est l’amour, alors on en rajoute un peu, de beurre dans les gâteaux, sur les tartines du matin, il faudra bien que le corps se défende contre l’assaut glacé. Le mien est conditionné, l’hiver lui rappelle son Nord, ses racines humides, les dimanches à jouer devant un feu de cheminée, les promenades en forêt, la petite pluie de fin d’après-midi. L’hiver est la saison du repli, on entre en soi, enfin, l’été ne viendra plus nous déloger, fini les injonctions de sortir «  parce que ce serait un crime de ne pas profiter d’un tel soleil », maintenant on étire ses jambes sur le canapé profond, on s’endort parfois, on s’éveille on attrape un livre, on regarde dehors, le givre a dessiné des motifs sur les vitres, on en frissonne de plaisir, parce qu’ici on est bien au chaud dans ses rêves. L’hiver est presque là…

 

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