wild truth

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Peut-être parce qu’elle me manque tant, particulièrement en cette saison. Je suis nostalgique de ce camaïeu de rouge, orange, jaune, roux… Des couleurs si chaudes, si douces et puis les odeurs de champignon, de moisi presque.

Ici c’est différent, les promenades sont souvent arides et pire, le soleil efface toute trace de mystère. Or, quoi de plus mystérieux qu’une forêt? Quoi de plus inquiétant qu’un sombre sous-bois? Les arbres craquent, se plaignent, les branches se balancent, oscillent et finissent par prendre vie. Je songe à toutes les promenades que j’ai pu faire dans cette forêt de Compiègne… J’aimais particulièrement, en cette fin d’automne, sentir le jour mourir doucement et la nuit me prendre, le frisson de peur qui va avec…

Alors hier, j’ai eu besoin de forêt, d’une profonde et mystérieux forêt.Une forêt qui m’obligerait à me couvrir car même le soleil de Provence, ce tout puissant soleil, ne pourrait pas y pénétrer.

Et ce que femme veut…

 

La forêt de Cèdres.

Je descends de la voiture d’un bond, je trépigne, une vraie forêt!

J’enfile ma doudoune, mon écharpe, je remonte le zip tout en haut, depuis combien de temps ne m’étais-je pas couverte?

L’odeur est là, immédiatement je décolle, mon shoot: une odeur de mousse bien verte et bien humide. J’avance, même pas besoin de chaussures de marche, pas de rocaille ici, pas de pente aride non plus, une promenade plate, si plate que le corps est surpris, lui qui est habitué à peiner, transpirer, gravir.

J’abandonne, je lâche, je m’en remets à la terre, puisqu’elle absorbe tout.

Oui, la forêt est un abandon, un lieu à part, une bulle, un sas qui me reconstitue, me fait oublier la ville et l’agitation.

Un pied devant l’autre, sans effort, tout en douceur, j’avance, je respire, fort, les poumons pleins de cet air si pur, si vivifiant.

Chaque mètre m’enfonce plus profondément au coeur de ce sombre domaine et de mon être.

Ici c’est si simple.

La nature me procure toujours une joie profonde, un sentiment d’être parfaitement sur mon axe. Les grandes réflexions, les grandes décisions de ma vie ont toujours eu lieu au cours de ces moment d’intense communion.

Je repense à cette discussion que j’ai eu avec ma soeur, il y a peu, elle portait sur la vérité.

Elle me disait être de plus en plus elle-même sans ses soucier de savoir si cette vérité allait plaire.

Etre soi-même, pour être aimé (ou pas!) exactement comme nous sommes.

Etre aimé ou pas…

Peu importe pourvu que nous, en notre for intérieur, soyons sur notre axe, en parfait accord avec notre être, ce qui nous semble juste, sans manipuler personne (et encore moins nous-même).

Cela touche à cette douloureuse question de vouloir être aimé. Quel est le prix à payer pour cet amour?

Le plus cher du monde: vous!

Si je veux que tout le monde m’aime, alors je n’ai plus de personnalité, puisque, forcément, mes convictions, ma façon d’être, ne conviendront pas à tous.

Je marche et je marche encore, la forêt est de plus en plus sombre, mais je n’ai pas peur, j’ai quarante ans et je n’ai plus peur! Je trouve même plutôt rassurant d’avoir des ennemis, des gens qui ne nous aiment pas (l’inverse serait très inquiétant). Avant, peut-être essayais-je de comprendre: qu’ai-je dit/pas dit? pourquoi…?

Maintenant, si je sais que je n’ai rien à me repocher, alors je lâche prise. C’est le problème de l’autre, pas le mien, car je sais qu’il est toujours stérile d’essayer de penser à la place des autres. Une personne ne me répond pas? C’est son problème, son histoire du moment (souffrance, jalousie, suuuuper busy,  ou pas envie, peu importe…) son histoire à elle. Quand elle l’aura réglée elle reviendra (ou pas!), aura le cran de demander/donner des explications.

Même si je m’aperçois que peu de personne osent la vérité.

Car elle dérange cette vérité.

Elle pose la question du courage.

Le courage d’être soi, le courage d’être vrai.

Le courage de dire, d’écrire:

Je suis désolée/ Je ne t’aime pas/ plus/ Je t’aime encore/ Je t’ai menti/ Tu m’as manqué/ Je voudrais comprendre pourquoi/ ça me blesse quand tu/ …

Etre capable de dire, « Je », d’exprimer profondément et sincèrement un grief, une souffrance est une grande preuve de courage.

Etre sincère. Peu importe le résultat, si j’ai été sincère alors je serai sur mon axe, quoi qu’il en soit, je ne regretterai rien, je ne garderai aucune émotion non résolue. Je crois profondément que la sincérité paye toujours (à plus ou moins longue échéance!) mais c’est toujours un boomerang positif qui nous revient d’une façon ou d’une autre.

 

La forêt me ramène à cette vérité, à cette authenticité simple.

 

Authentique, tâcher, chaque jour qui passe, de me répéter ce mantra:

Stay simple, stay true and… let go!

 

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