picardie for ever

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Je n’avais pas pris conscience de ce manque, comme un amour perdu que l’on refoule, si profondément qu’il devient un oubli, une impossibilité établie. Le présent avait recouvert, couche après couche, ce passé, ces odeurs, ces joies, ces souvenirs puissants. Ceux de l’enfance, de l’adolescence, ceux que l’on nomme, communément, « racines ».

 

Les miennes sont humides, profondes, étendues comme celles des grands chênes de la forêt de Compiègne. Mystérieuses, brumeuses, de celles qui fascinent une âme fantasque, une âme nourrie de contes de sorcières, de trésors perdus, de rois oubliés, de ruines gothiques.

 

De petites gouttes s’écrasent contre le pare-brise, je suis au paradis, je suis chez moi, de retour, à la maison. Il est à côté de moi, je ne sais pas s’il comprend la mesure de mon trouble, je retiens mes larmes entre mélancolie et pure bonheur, celui de retrouver un être cher, si cher.

 

Le vert m’éblouit presque, je ne suis plus habituée à ses nuances infinies, nous nous enfonçons au coeur de cet écrin de fée, de ce pays brumeux.

 

Etre né quelque part…

 

Marcher pour (re)prendre la mesure du territoire.

J’ai arpenté ces sentiers forestiers, tant et tant de fois, je reconnais mon chemin malgré moi, circuit intégré de mon être. Jusqu’aux ruines de l’Abbaye d’Offémont, le petit étang noir, juste aux pieds, j’ai tant fantasmé ces lieux, les spectres aristocratiques, les histoires de poison.

Saint-Crépin-aux-bois, Vieux-Moulin…

De Compiègne à Pierrefonds, j’emprunte la piste cyclable, celle qui ne croise jamais de voiture, bien au chaud au coeur de la forêt, 20 km allée, 20km retour, en passant par Saint-Jean-aux-bois, les feux du même nom, l’abbaye, les sublimes maisons d’ardoises et de pierres blanches, les tours, les échauguettes, les petits murs d’enceinte, mon âme s’évade, les distances n’existent plus, clair-obscur de mes pensées, ombre et lumière des hautes futaies, je savoure chaque minute de ce bonheur retrouvé, je songe à La Madeleine, forcément, chaque coup de pédale est une réminiscence, un monde qui revient, les dimanches de liberté, dans la nature, l’avenir qui n’existait pas encore.

 

Au bout de l’allée, il se dresse, majestueux, le château, ses tours, médiévales, le lac, les pédalos, les marchands de glace, les « folies », la sculpture « chat » sur la maison du lac, le petit casino, l’ancienne gare, Viollet-le-duc, l’auberge de l’Enfer et ses histoires de bandits…

 

Car je suis née avec cette histoire, celle avec un grand H, la terre des rois de France! Grandeur et décadence, on oublie souvent cet implacable cycle, région jadis si riche et si puissante… Et puis il y a l’autre, moins glorieuse, mais qui me fascinait tout autant, la Grande guerre.

Ici les gens vivent avec ses stigmates, le paysage marqué dans sa chair. Je visite les grottes de Machemont, les soldats ont gravé leurs terreurs, leurs fantasmes dans la pierre friable de ces anciennes carrières d’extractions.

 

Je me demandais pourquoi j’aimais à ce point l’histoire,  tout en porte la trace, elle se vit, se respire, dans chaque village, dans chaque pierre, humble détail ou construction grandiose.

 

Je veux revoir le château de Compiègne, le parc surtout, ses petits bassins, ses kiosques, ses bosquets mystérieux, les partis de cache-cache, la grande allée des Beaux-Monts (l’empereur l’aurait fait réaliser en une nuit pour les beaux yeux d’Eugènie…). Et puis le jardin des roses, si anglais, si romantique et son salon de thé, une féerie.

 

 

Comme tu m’avais manqué…

 

 

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