chez Pauline

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Chaque année c’est la même chose, je ne veux pas partir en vacances en juillet car je sais qu’ici ce mois est une fête. Chacun sort de sa coquille, les invitations se multiplient et se démultiplient, de festivals en soirées, de pool-party en dîner placé. Jouir l’été, ouvrir les portes, bouleverser les habitudes, dormir peu, il y aura l’hiver pour rattraper les nuits blanches. Bien sûr le lendemain matin on se plaint, trop de rosé, trop peu de sommeil et on a plus vingt ans… Mais justement c’est cette jeunesse qui refuse de faire son deuil, parce que le coeur bât encore fort, parce que le ventre veut sentir la vie qui picote. Bien sûr on a moins de coeur à l’ouvrage, les 40° écrasent toute velléité de performance, moins d’ambition professionnelle, mais ce n’est plus le propos, ce qu’on veut c’est profiter, maintenant de cet été indécemment beau, de ces nuits chaudes, moites et de toute façon on ne dormirait pas si on se couchait tôt, alors…

 

Alors la ville, MA ville, montre le meilleur d’elle même, le brassage de population : les norvégiens, les anglais, les américains, ceux de Dubaï, chacun apporte un peu de son exotisme. Nous nous retrouvons l’été, ici, notre Provence comme port d’attache.

 

Au milieu de ce petit monde, reine incontestée des rassemblements Aixois, il y Pauline. Pauline est tout ce que je ne suis pas: une maison ouverte aux quatres vents, des enfants qui courent, crient, Pinpin le joli lapin en liberté dans la maison, une pelouse parfaitement verte et entretenue (moi qui peine à sauvegarder une taïga souffreteuse), un joyeux bordel (mais dans une élégante cuisine Bulthaup!), et surtout des bras ouverts, parce que le plaisir de Pauline c’est recevoir ses amis.

 

…et des amis elle en a, partout, du monde entier, riches et modestes, artistes et banquiers, entrepreneurs et fonctionnaires, jeunes et vieux… Mais tous ont ce point commun: à part. Quelque-chose qui dépasse, autrement, à quoi bon? Voilà ce qui relie les convives de son fameux dîner placé, celui de l’été, celui de juillet.

 

D’abord on arrive, c’est la Californie (je fais souvent cette analogie, mais j’ai vraiment le sentiment de vivre en Californie), on voit des gens, en maillot de bain, ruisselants encore, les sourires qui vont avec; « Vous avez pris votre maillot j’espère? ».

 

Chacun vaque à son plaisir: nager, jouer dans l’eau,  bavarder sur un coin de transat, un verre à la main, l’apéritif est un rituel sacré. Les verres se vident et se remplissent, la nuit tombe peu à peu, Pauline nous invite à nous attabler sous le grand figuier.

 

Elle a dressé une jolie table: verres en Cristal, porte-couteaux, serviettes en lin, chacun cherche son nom, enjeu de la soirée… A côté de qui serai-je assise? Chaises musicales pour grandes personnes, j’aime ce petit frisson de l’inconnu. Parce que chez Pauline c’est souvent la surprise. Pauline invite, trouve, découvre tant de nouvelles personnes, elle convie, au gré de ses rencontres, de ses envies. Chacun est reçu comme s’il faisait partie du cercle, depuis toujours.

 

Bien sûr il y les habitués que j’ai tant de plaisir à retrouver, Martial, Marie, Jean-Philippe, Laetitia… Mais j’aime aussi cette incongruité d’inviter toujours de nouveaux visages. Pauline ose, ouvre, connecte. Elle se lève, esquisse un discours, prononce des mots étranges comme VDC (valorisation du conjoint!), mon mari me jette un regard, une femme parfaite, celle que je ne suis pas… Elle passe le témoin, dire un mot de soi, « ce que vous avez sur le coeur… » alors le tour de table, drôle et touchant, les uns, les autres,  lever un petit coin du voile…

 

Elle a su donner un ton, relier tout ce petit monde, la meilleure soirée jamais passée ici, j’ai rencontré Camille, brillant petit sosie de Sandrine Kiberlain;  » T’as fait Périmony! J’avais hésité, puis finalement j’ai choisi les cours Florent… et tu écris un livre… moi aussi?! ». Et son amoureux, brillant créateur d’une start up, « Tu te rends compte il insère des panneaux photovoltaïques dans les écrans de portables, partout…  dans les vitres de voiture, de maison…  il va devenir très riche cet homme! ».

 

La nuit s’étend, les conversations avec, demain les traits seront tirés mais les coeurs pleins, la tête étourdie encore de ce bonheur estival, de cette chance de vivre ici, parce que le sud fait vivre l’été plus fort.

 

tellement plus fort…

 

ps: Allez voir le spectacle de Pauline: « Elidjah mon amour », spectacle danse, théâtre et musique, le 25 et 26 septembre, théâtre Ainsi de suite, Aix-en-Provence. mail: resa.elidjahmonamour@gmail.com

 

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