Quod sit esse velit, nihilque malit

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Un week end parfait, je veux dire parfait pour moi.

Il y a un moment, un instant de grâce où je ressens cette sensation profonde d’harmonie, la perfection touchée du doigt. Le temps se suspend, il n’existe plus ni passé ni avenir, simplement la sensation d’être vivante, exactement là où l’on voudrait être, comme on voudrait être.

 

Je pense que dans ces instants fugaces il faut savoir se dédoubler un peu, prendre de la hauteur pour réaliser ce que cela dit de nous, de ce qui nous rend heureux, profondément.

 

Deux jours dans la nature et dans mon jardin à marcher, planter et gratter la terre.

 

Sans téléphone, ni ordinateur, sans maquillage, les cheveux en bataille, les mains pleines de terre, les pieds crottés, les genoux griffés de ronces, les muscles  vivants de cette activité manuelle, la tête vidée par le travail des mains.

Le grand air, le soleil (pas trop fort), le petit chat qui observe nos moindres faits et gestes et mon homme transformé en paysan, force brute, rassurante.

Ensemble.

Il bêche, pioche, transpire, mais son visage ne porte plus les terribles stigmates de la vie moderne. Moi je me contente de planter, de tailler, de ranger, de transporter les cailloux, les galets, d’arracher les mauvaises herbes, d’oeuvrer à l’embellissement de notre jardin.

 

Embellir sa vie.

 

La contemplation de ces fleurs remplit mon cœur d’allégresse. Je l’ai déjà écrit, la beauté est contagieuse (c’est précisément le sujet du Banquet de Platon), elle élève l’âme, elle permet à l’homme d’exercer sa capacité d’émerveillement. Car que vaudrait une vie dans laquelle on ne s’émerveille plus ?

 

Prendre soin de mon jardin, permet, par extension, de prendre soin de ma vie, de mon bonheur. Dresser un plan d’exécution, le mettre en œuvre, travailler à ce chantier, pas à pas voir les progrès, être fière du travail accompli.

 

Métaphoriquement, il en est de même dans nos vies, « le bonheur ne se conçoit pas sans esprit et sans vigueur », il est le fruit d’un travail acharné, quotidien et d’une volonté sans faille.

 

Vouloir être heureux.

 

Le jour décline, les corps se refroidissent, épuisés, mais de cette saine fatigue de paysan, nous contemplons notre œuvre : «c’est beau chez nous, on a de la chance.»

 

Gratitude.

 

Prendre toute la mesure de sa fortune, dans les moindres détails de nos existences, remercier la vie pour ce qu’elle nous apporte maintenant, pleinement :

« Quod sit esse velit, nihilque malit » (Voulant être ce qu’il est et rien de plus)

Martial, Epigramme X, 45, 12

 

Voulant être ce qu’il est et rien de plus….

 

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