on a sunny (rainy) afternoon

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On se lève avec des espérances de grand air. Toute la semaine on est coupé de nos conditions de nature. Le dimanche c’est rituel on a besoin de vérifier qu’on appartient encore à cet écosystème. On traîne malgré tout, on s’étire dans les draps tièdes de nuit, on retarde le jour, la demi-pénombre nous maintient dans cet état de presque sommeil. On ouvre un œil, on le referme, on rattrape un rêve, on mélange les bruits, les sensations, douce torpeur. Puis le son nous parvient, principe de réalité, frappé sur la vitre : il pleut.

 

Cette malédiction nous réveille tout à fait, elle vient nous voler notre plaisir, notre soupape : la marche du dimanche après-midi.

 

Il pleut, ça va passer, ça ne passe pas.

 

Qui est celui qui ose contredire nos plans, se mettre en travers de notre chemin ? Puisque je le veux !

 

Comme si ça ne suffisait pas le vent vient s’en mêler, les rafales projettent violemment les gouttes sur la grande baie vitrée. Ecrasées, pulvérisées, elles agonisent en longues guirlandes d’eau, ruissellement poétique.

 

Le spectacle nous absorbe. Peu à peu, les éléments nous soumettent, nous obligent à lâcher prise. La nature n’est donc pas complétement abolie, elle dirige encore nos vies.

 

Alors on s’abandonne à ses caprices. Puisqu’il en est ainsi.

 

Le petit déjeuner traîne, on refait du café, l’odeur emplie la maison, des senteurs de dimanche matin. Mais il est déjà midi!

 

On ne s’habille pas, on garde ses habits de nuit ; sans soutien gorge, rien ne viendra nous contraindre aujourd’hui.

 

On allume la télé, d’habitude on ne la regarde jamais le jour, une sorte d’interdit, de règle de vie, tacite. On cherche des émissions, quelque-chose de mystérieux, des trésors cachés, des galaxies qui abriteraient la vie. On se pend aux paroles de l’astrophysicien hirsute, on espère que ce mystérieux squelette découvert sous un parking est bien celui de Richard III. On s’endort devant la route des épices ; gavé de sommeil le corps s’abandonne davantage. On accède à cette détente profonde, à cet abandon qu’on ne s’autorise jamais. On fait un bras d’honneur à quelque obligation que ce soit, le rien appelle le rien, la paresse s’étend, pas question de préparer un dîner, il reste une pizza (bio !) dans le congélateur.

 

On la déguste, comme un met rare, devant le journal de vingt-heure, avec un petit verre de rouge fruité. Les ennuis du monde nous semblent irréels, affalés dans notre bulle, nous avalons ces informations. Accablé de paresse, le cerveau, avachi, ne trie plus rien, il avale, mouton, tout ce qu’on lui donne à manger.

 

C’est alors que la petite mélancolie survient, sournoise, celle du dimanche soir. Alors le présent s’envole, l’abandon n’est plus qu’un mythe, on songe à demain, la semaine, tout ce qui contrarie notre nature oisive et décadente.

 

la musique à écouter on a sunny (rainy) afternoon.. (ici)

 

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