le quai de gare

lequaidegare

 

 

On remonte son col un peu plus haut, le vent traverse les mailles serrées du manteau d’hiver, impossible de se réchauffer, l’humidité remonte par les pieds.

 

Le gris résonne à l’infini : la pierre qui recouvre le quai, le métal des rails, les poteaux de transmission, le ciel. Partout où le regard se porte, le camaïeu décliné sans limites.

 

L’harmonie de la nostalgie, douce ou profonde, l’attente donne corps à cette petite mort, l’attente offre la possibilité du souvenir.

 

Partir.

 

Quai des espérances, des ventres déchirés, des papillons qui picotent, font sentir la vie plus fort. Les images affluent, désordre affectueux. On songe à la destination, aux rencontres peut-être. Chaque départ est une promesse d’aventure, de possibilités nouvelles. On sait qu’au retour on sera changé, quoi qu’il advienne.

 

On traîne des pieds pourtant, la veille, la paresse de quitter le quotidien, d’aller dormir dans un autre lit, le tracas de préparer sa valise, quel temps fera-t-il ? Se bousculer un peu, chaque départ est un arrachement. Mais maintenant on est là, le train va arriver, question de minutes. Les yeux tentent de percer l’horizon, l’esprit s’y perd, entre passé et avenir, on n’est jamais tout à fait dans le présent sur un quai de gare.

 

Les jambes s’impatientent, les pieds engourdis, glacés, on se refugie dans sa tête, alors c’est un monde qui revient. Réminiscences, moments que l’on croyait perdus à jamais, tous les départs de nos vies, ils se bousculent, à qui mieux mieux. Etudiante, les dimanches soirs, les quais délabrés d’une petite ville de province, TER miteux, ventre serré; TGV grandioses, amoureuse, aiguillons de plaisir, première classe de ma vie.

Les strates défilent, film super 8, visages saccadés, le trajet offrira la possibilité du développement.

On pourra se perdre dans cette évocation, sans culpabilité, sans soucis de productivité, d’un point à un autre, le temps n’existe pas, le monde est aboli, ici on est nulle part.

 

Favoris

Capture d’écran 2015-01-19 à 09.33.44

la disparition des lucioles

  Ce n’est pas une histoire lumineuse que je vais vous raconter aujourd’hui, ma gorge est encore serrée de ce malaise palpable, de ce désespoir qui suintait des murs délabrés.... Lire la suite ...

delos17

Apollon, Délos et moi

  Elle se mérite, on n’arrive pas sur une île comme ça, par hasard, l’insularité est une démarche volontaire. Il faut la vouloir, la désirer. Prévoir, prendre ses dispositions pour... Lire la suite ...

myk1

Mykonos

  D’abord il y a le bleu, en bas, en haut, celui du ciel et de la mer, partout, sur les toits des églises, les portes, les volets et puis... Lire la suite ...

Somtimes

Un an après

  Un an déjà(ici)…   Je rentrais d’un merveilleux séjour à Edimbourg, la ville dans laquelle vivait ma soeur, une parenthèse enchantée, un moment de partage, de joie, de légèreté... Lire la suite ...

Abonnez-vous !

laissez moi un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code