body, body

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« On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », ainsi le sage Héraclite symbolisait-il l’impermanence de l’existence.

 

Hier, comme je sortais de mon cours de yoga, je songeais à cette formule que j’aime tant.

La même et plus tout à fait la même.

 

Mourir chaque fois un peu, pour renaître, différente, telle est la symbolique de la posture du cadavre /shavasana/ qui vient clore une pratique de yoga.

 

Une pratique parmi tant d’autre?

 

Hier, donc, je marchais, rue d’Italie, seule, je ne touchais presque plus l’asphalte: Etirée, aérée, plus grande, plus légère… Un bien être si puissant qu’il est difficilement descriptible.

 

Mira nous avait prévenues, cette pratique sera douce mais intense: des étirements uniquement, mais qui n’en seront pas car il ne s’agit pas de forcer le corps, mais de le laisser s’ouvrir.

 

Savons-nous, occidentaux conditionnés par des siècles d’obligations, de morale et de contraintes « laisser notre corps s’ouvrir »?

 

Bien sûr que non.

 

Domestiquer l’animal, à coup de corsets, de normes de beauté, d’abdo- fessiers, de régimes restrictifs…

 

Ressembler à.

 

Pauvre corps que nous considérons comme une machine dont nous attendons qu’elle fonctionne au lieu de voir en lui l’unité, la manifestation totale de notre être.

 

Et si nous avions oublié le plaisir d’avoir un corps, de le nourrir, de le sentir s’ouvrir, de le câliner, de percevoir sa souplesse?

 

D’aucuns le considèrent comme une chose dissociée d’eux, une enveloppe parfois encombrante, quelque-chose qu’ils ne maîtrisent pas, une fatalité, presque.

 

Mais le corps et l’esprit sont absolument indissociables.

 

J’ai toujours eu cette intuition, bien avant de commencer le yoga. Mais, la pratique de cette ancestrale discipline, m’a ouvert bien d’autres portes.

 

Plus loin, bien plus loin que ce que je pouvais imaginer.

 

On m’avait prévenue pourtant:`

« Ce qui se passe sur ton tapis, se passe dans ta vie »

J’avais roulé de gros yeux, bande d’illuminés!

 

Mais il ne s’agissait pas de croire, non, aucune foi n’est requise, il s’agit d’expérimenter.Et ça faire des expériences, c’est mon plaisir!  Alors, science empirique, j’ai voulu y jouer.

 

Je ne suis qu’au début du chemin, et chaque pratique m’enseigne cela davantage.

Mais aujourd’hui, lorsque je me retourne, je peux voir tout ce que le yoga m’a appris, transformée.

 

Un bon professeur de yoga est celui qui transmet cette idée: ce n’est pas le but qui compte, mais le chemin. Jouir ce parcours, prendre du plaisir à suivre la voie qui va nous mener vers une posture, peu importe si nous n’arrivons jamais à l’exécuter, ce n’est pas le propos.

De façon métaphorique, il en est de même dans la vie, peu importe le but, ce qui compte c’est le plaisir que nous prenons chaque jour à vivre.

Avons-nous construit un quotidien qui remplisse ces conditions?

Le yoga nous apprend que la vie c’est maintenant, vivre à crédit n’est certainement pas une bonne option. Le bonheur n’est pas pour demain.

 

Intégrer ce que nous sommes.

Faire avec ce que l’on a.

Certains sont souples, naturellement, d’autres pas, certains sont puissants, ancrés, d’autres légers. Le yoga ne nous demande pas de nous conformer à un idéal mais de devenir ce que nous sommes, d’intégrer notre être. Aucune compétition, aucun modèle à atteindre si ce n’est de nous débarrasser de ce que nous « croyons être ». Toutes les étiquettes que la vie nous a collées, l’école, nos familles, nos conjoints, nous même…

 

Je ne suis pas celle que vous croyez

Je ne suis pas celle que je crois être…

 

Je suis.

 

Pas besoin de compléter le paradigme, I’m, je suis. Méditer ces deux mots qui portent en eux la forme entière de l’humaine condition.

 

L’humilité, oh oui, la meilleure école d’humilité, chaque séance me remet en question, bouleverse ce que je pensais acquis… progresser, stagner, régresser, en forme, épuisée, raide, souple, forte, faible, découragée, blessée, extatique, motivée, démotivée, passionnée, ennuyée, lourde, légère. Chaque jour le corps et l’esprit réagissent différemment, prendre en compte, intégrer chaque fois cet état de fait, donner le temps au temps, ne rien forcer.

 

Le courage, il m’en a fallu, ni naturellement souple, ni naturellement forte, aucun don, aucune prédisposition particulière pour cette pratique.

Lâcher prise alors, faire ce que je peux, en fonction de ce que je suis aujourd’hui, le mieux possible. Et surtout… jamais de souffrance, le plaisir d’être là, en vie, de vivre cette expérience.

 

De plaisir en plaisir, j’ai parcouru, tranquillement mon chemin de yogini, imperceptiblement d’abord, une harmonie nouvelle s’est immiscée dans ma vie.

Un rejet de la violence, des rapports de forces.

En me retournant, j’ai constaté cela, je ne supporte plus les rapports de force, la violence sous quelque forme qu’elle soit. Pas à pas, malgré moi, je l’ai (presque) éradiquée de ma vie. Et je ne la supporte plus (même si je la vois désormais partout).

Ahimsa, malgré moi?

 

La liste est longue, les bienfaits du yoga sont multiples, et, comme je l’ai écrit plus haut, je ne suis qu’au début du chemin. J’intègre ma pratique, pas à pas, un pied devant l’autre, le chemin est long passionnant, tantôt droit, courbé, semé d’embûche… La vie… comme elle va…

 

to be continued…

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