y a pas de mal à se faire du bien

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Au commencement il y a les pots, les petits pots de verre soigneusement gardés. Les coulures multicolores qui persistent malgré les rinçages et  forment un dripping poétique.

 

La joie est déjà là, l’enfance revient immédiatement,l’odeur de la gouache, de l’acrylique, les pinceaux trempés dans l’eau; les matières se diluent, se fondent et se confondent, mon regard se perd et s’évade dans cette mixion surréaliste.

 

Mes moments préférés, mes récréations, ces moments où l’on pouvait lâcher la bride, laisser le  sérieux dans la case, donner libre cours à son imagination, ces instants où le temps passait trop vite.

 

Je me souviens…

Les couleurs m’absorbaient, je les voulais toutes, elles étaient une promesse de joie, d’infini plaisir. Comme s’il y avait là, inconsciemment une vérité que je touchais du doigt.

 

Un bonheur pur à portée de mains, si facilement accessible.

 

Trop facile, trop de joie, on est pas sur terre pour prendre du plaisir.

 

Comme si, déjà le plaisir était suspect. Pas sérieux tout ça, redescends sur terre!

 

J’ai suivi les injonctions des adultes (frustrés?), j’ai mis un petit mouchoir sur mon plaisir, sur mes plaisirs, je les ai relégués au rang des choses « pas constructives », j’ai fait ce que l’on attendait de moi, trouver un métier « sérieux », je me suis soumise aux injonctions ambiantes, je me suis mise en sécurité, fonctionnaire, un métier à vie, à l’abri.

 

A l’abri de leur peur et de mon bonheur?

 

Après il a fallu « désapprendre », entreprendre un looooong processus de rééducation, apprendre à ne plus avoir peur, à ne plus vivre selon ce principe destructeur.

 

Répondre à cette terrifiant question: « Qui suis-je? »

 

Une véritable enquête, chercher des indices, suivre des pistes, des fausses pistes, me départir des rumeurs, de l’opinion d’autrui…

 

Dans cette quête j’ai trouvé de puissantes pièces à conviction, des preuves fiables, irréfutables arguments, parmi lesquels: mon plaisir.

 

Mon plaisir.

 

Ce qui me rend heureuse, ce qui fait que les heures volent sans que je m’en aperçoive, ce qui me transporte, imprime un sourire sur mes lèvres, même quand je suis seule, surtout quand je suis seule.

Jouer avec les couleurs m’apporte cette joie profonde.

 

Un rituel qui me rend heureuse, une parenthèse enchantée.

Je branche mon Ipod, la musique accompagne toujours l’inspiration, elle dicte l’état d’esprit du moment, ce dont j’ai besoin juste maintenant:

Douceur.

 

Hier c’était cela.

Douceur.

Un moment doux, enfantin, tout en haut de ma Tour d’Ivoire.

 

Je songeais à Monet enfermé dans son beau Giverny quand, à l’extérieur, la boucherie de la première guerre mondiale faisait rage. Lui, peignait son chef d’oeuvre, Les Nymphéas.

 

Tour d’Ivoire…

 

Lâcheté de l’artiste? L’artiste doit-il être un être engagé?

 

Flaubert (toujours très provocateur) déclarait dans sa correspondance: « Je vis dans une tour d’ivoire, une marée de merde en bat les murs à les faire crouler. »

 

Engagé ou « dégagé », peu importe, ce qui compte, « c’est de bien faire l’homme et dûment » pour reprendre les mots de Montaigne, vivre selon nos aspirations profondes pour être la meilleure version de nous-même. Pour tâcher de ne pas projeter nos frustrations sur le monde et sur notre entourage.

 

Tout ce qui existe à l’extérieur de nous existe aussi en nous; tout ce qui existe en nous existe à l’extérieur de nous.

 

En travaillant à notre bonheur ( j’utilise à dessein le mot  » travail » car le bonheur nécessite une volonté, un effort) nous travaillons au bonheur du monde.

 

Ainsi, je m’élève contre celles et ceux qui attendent tout, qui rejettent tout sur les politiques, et je finirai avec ces mots de Kennedy  et de Gandhi qui reflètent tellement ma pensée:

 

« My fellow Americans, ask not what your country can do for you, ask what you can do for your country. »

 

« BE THE CHANGE YOU WANT TO SEE IN THE WORLD. »

 

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2 Reactions

  1. florence

    Elles son très belles vos illustrations !!! se faire plaisir et arrêter de courir après du vent, prendre du temps pour soi, prendre le temps, je pense que c’est un des nouveaux enjeux de la société . Car après tout faire en sorte que tout le monde soit dans le stress c’est aussi un bon moyen pour éviter que nous réfléchissions, que nous nous cultivions.
    Revenir à l’essentiel bon programme je trouve ….

    • julie

      Merci Florence! Et oui, prendre du temps pour nous, nous permet de nous (re) connecter à nous et ainsi au monde… Sans nous laisser conditionner. Prendre du temps pour nous: un vecteur de liberté et de bonheur

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