vata world

medit

 

Je ne sais pas si c’est moi qui ai changé où le monde autour de moi?  Hier, comme j’achetais quelques produits à la pharmacie, je constatais, impuissante et interdite, l’agitation de mes concitoyens. La vendeuse, accaparée de toutes parts, répondait aux questions de ses collègues, aux apostrophes de clients pressés, au téléphone qui ne cessait de sonner.

 

Un tourbillon autour d’elle, une petite tornade qui était son quotidien, sa normalité.

 

Vata world.

 

En Ayurveda (la médecine traditionnelle indienne) Vata désigne l’air, le mouvement. Quand Vata est trop important il plonge le monde, les hommes dans le chaos. Ainsi emportés en dehors de nous, comme balayés par des vents que nous ne maîtrisons pas, nous nous déracinons, perdons notre ancrage, notre stabilité mentale et affective.

 

Notre existence contemporaine, exacerbe considérablement le Vata. Dès le plus jeune âge, les enfants jouent avec une tablette, un téléphone, un ordinateur, tous ces objets qui les emportent en dehors d’eux, les  « sur-stimulent » et vont, peu à peu, créer un déséquilibre.

 

Or l’enfant, pour se construire, a un besoin absolu de solitude et même d’ennui.

 

L’ennui est le terreau de ses réalisations futures, l’indispensable jachère, promesse de fertilité, d’intelligence, de créativité et… d’équilibre.

 

Mais comment les enfants pourraient-ils avoir envie de ce calme quand ils voient les adultes courir après les distractions, ne jamais se poser, ne jamais lire un livre, contempler un paysage, s’abreuver de cet indispensable « rien »?

 

Je vois autour de moi les emplois du temps surchargés, les vies planifiées comme un agenda présidentiel, tout est prévu, surtout qu’il n’y ait pas de vide, autrement…

 

Autrement qu’apporterait ce vide?

 

Une confrontation à soi?

 

Regarder dedans.

Prendre le temps de contempler l’agitation, jusqu’à ce qu’elle s’apaise, d’elle-même.

 

Pourtant le vocabulaire porte la marque de cette nécessité de s’abstraire du brouhaha  mondain, du petit chaos de  notre esprit:

« se rassoir en soi », « se rassembler », « s’appartenir », « s’ancrer »,  « se ressaisir »…

 

Cela signifirait-il que nous nous sommes perdus?

 

Je vois tant de personnes autour de moi qui ne savent pas/plus (l’ont-elles jamais su? Ont-elles jamais essayé de le savoir?) qui elles sont. Tant de d’êtres se diluer dans  un tourbillon d’occupations vaines, simplement pour éviter la confrontation profonde avec eux-même, ou leur couple.

 

Pourtant, il est impossible d’être heureux, je veux dire profondément en harmonie avec soi-même sans cette confrontation directe, sans cette recherche de soi, qui est le cheminement d’une vie.

 

Quelles que soient les religions, les philosophies, les époques,  toutes, absolument toutes, convergent vers ce point:

pas de salut possible sans une profonde connaissance de soi.

Du fameux « Connais-toi toi-même » de Socrate, à la quête spirituelle de Saint-Benoît qui prônait le fait de « revenir à soi-même »; en passant par l’hindouisme chez qui le yogi est un homme qui travaille à s’appartenir, à être maître de soi pour pouvoir se donner.

 

Car comment donner aux autres quand on ne s’appartient pas soi-même? Ce ne serait qu’un simulacre.

 

Ceci s’applique à tous les domaines de notre vie, comment avoir une vie sexuelle épanouie si l’on ne se connaît pas? Comment s’abandonner, se donner quand on ne se possède pas?

 

On ne peut pas être le maître de quelque-chose dont on ignore tout.

 

 » Qui aurait à faire son fait verrait que sa première leçon est connaître ce qu’il est et ce qui lui est propre », je répète souvent cette phrase de Montaigne car elle fait partie de mes mantras, de ces mots qui  m’accompagnent tout au long du chemin.

 

Revenir à soi, en conscience, dans le calme, voir ce que ce vide a à nous dire.

 

Faire cela, est comme se laver les dents: une hygiène de vie. Chaque jour accueillir le silence, lui laisser la place, le temps.

 

Le temps de s’étendre, de s’ancrer, de ramasser son énergie, ses pensées, le temps de ne plus se laisser disperser. Du temps  de gagner donc!

 

« Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi  » écrivait Montaigne. Etre à ce qu’on fait, pleinement ici. Car l’attention, la concentration sont capitales, une condition sine qua non à notre bonheur.

 

Le bonheur c’est d’être là, présent, pleinement investi dans le moment.

 

Une chose à la fois, une chose après l’autre, chaque chose en son temps.

 

La seule personne avec laquelle vous êtes certains de finir votre vie c’est vous, il vaut mieux que vous entendiez bien avec cette personne, non?

 

Et si vous ne prenez pas soin de vous, qui le fera?

 

D’ailleurs, observez les personnes qui vous attirent, ce sont des êtres qui savent prendre soin d’eux, qui semblent détachés de ce que l’on pensent d’eux, des personnes qui entretiennent une bonne relation avec eux-même.

 

Ainsi constitués, ils peuvent faire de la place pour autrui et être disponible pour l’autre car moins « préoccupés » d’eux-même, moins accaparés par des sollicitations extérieures non maîtrisées, des complexes, des faux-semblants…

 

Pour finir je citerai un des mes auteurs préférés!

« Don’t forget to fall in love with yourself first » Carrie Bradshaw

 

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