le repos du guerrier

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« Une jolie habitation ne rend-elle pas l’hiver plus poétique, et l’hiver n’augmente-t-il pas la poésie de l’habitation? Le blanc cottage était assis au fond d’une petite vallée fermée de montagnes suffisamment hautes, il était comme emmailloté d’arbustes (…). »  Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose

 

 

Les rêveries du repos, la maison accompagne ce désir d’hiver.

 

Parce que cette saison invite au repli, au doux repli. Il me faut un écrin pour accompagner ce rythme nouveau. Un écrin douillet. Emmitouflée dans l’hiver, j’ai bien chaud parce que dehors il fait froid.

 

Derrière ma vitre je contemple l’éveil d’un ciel déchiré, je me perds dans cette contemplation, chaque matin un nouveau spectacle, des couleurs, des combinaisons à l’infini, d’une fenêtre à l’autre, d’un étage à l’autre, une féerie à 360°, une géode de distraction, juste pour moi. Privilégiée.

 

Les effluves de café emplissent la maison, l’éveil est un délice, mon moment préféré. J’aime voir la nature s’ébrouer, le ciel s’étirer, les oiseaux venir chercher des graines, le chat mendier sa pâtée. Chacun vaque à ses occupations, une routine bien établie, mettre en route la machine, et moi… Je rêve…

 

« Tu n’es vraiment pas du matin Julie! »

 

Si, au contraire, j’aime tellement ce moment que je déteste qu’on me le vole, qu’on me le précipite. Si je pouvais l’étendre jusqu’à  midi…

 

Je l’aime d’autant plus l’hiver, dans le repli ouaté d’une maison confortable, le corps encore tiède d’une profonde nuit d’hiver, parce que l’hiver le sommeil est plus intense.

 

L’hiver la nature se met au ralenti, nous devrions suivre son rythme, nous sommes fait pour cela, calmer la machine, lui permettre de reprendre des forces pour la saison nouvelle; au printemps ce sera autre chose.

 

Je me blottis dans mon refuge, dans ce lieu de protection qu’est la maison.

 

Les conditions matérielles de mon bonheur.

 

Car la maison dépasse  le matériel, elle est un corps de songe, de repos, un abri, sans elle nous serions des êtres dispersés.

 

Aussi est-elle une partie essentielle de ma vie, comme un membre de la famille dont je prends soin, que je nourris bien, que j’habille de beaux vêtements.

 

Chaque objet, chaque meuble, chaque tapis, chaque tissu, chaque coussin, chaque tableau…  toutes ces petites choses forment un tout  essentiel à mon bonheur quotidien.

 

L’hiver, elles prennent davantage d’importance, car l’été la maison vit dehors, l’intérieur est presque une anecdote. Mais avec décembre la configuration change, j’ai besoin de ces rituels de Noël: de jolies bougies, le poêle qui ronfle, les bûches alignées, rassurantes réserves de chaleur, les saladiers pleins d’agrumes, les petites clémentines corses en particulier, les bruyères roses devant la fenêtre, les étagères chargées de livres, de beaux livres, de ceux que l’on ouvre au coin du feu, le temps de contempler les belles images: les tableaux dont on  rêve, les destinations exotiques, les voyages que l’on fera, plus tard… Les recettes de cuisine, parce que la saison froide invite à faire bonne chère, parce qu’un peu de rondeur adoucit le froid et les angles;

L’infusion tilleul-rose qui accompagnera un bon roman, les heures de lecture qui n’en finiront pas. Et puis il y a le sapin, les boules-rois mages d’Alessi,  Gaspard, Melchior et Balthazar; Le blé de la Sainte Barbe qu’il faut faire germer promesse d’abondance pour l’année à venir…

 

Je ne prends rien de cela à la légère, cet ordre contente  mon désir d’harmonie, mon besoin d’une douce intimité.

 

 » L’hiver augmente la valeur d’habitation de la maison, écrit Bachelard (…) derrière les rideaux sombres, il semble que la neige soit plus blanche. »

 

La maison permet de mettre corps et  âme au repos; elle est une valeur de protection, de confort et de réconfort, de sécurité, de bonheur.

 

Elle est le repos du guerrier, l’âme de la famille, le repli des amoureux, le germe des grandes idées, des grands projets, l’écrin de la créativité, le refuge du rêveur…

 

« De la cave au grenier, la maison illustre la verticalité de l’être humain, elle est oniriquement complète. » Ibid

 

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