silent…

 

La pluie tombe, les gouttes s’écrasent sur la grande baie, je regarde ce spectacle hypnotisant, une douce transe, un murmure frappé, lancinant. A l’intérieur le feu crépite, le rouge des braises apporte une pulsation de vie, le foyer, le coeur de la maison.

 

La radio diffuse les gymnopédies d’Erik Satie et moi je m’étends dans cette douce mélancolie. Il faut dire que j’ai une excuse: je suis malade. Le thermomètre indiquait 38, 9°c hier soir, ce n’est pas rien. Privée de sortie, la sanction est tombée.

 

La nature compatit, le gris du ciel corrobore le diagnostique, pas un temps à mettre un chat dehors dit le proverbe. Rester chez soi, se rouler en soi, je sais si bien faire cela.

 

Puisqu’il faut faire feu de tout bois.

 

La sagesse suit cette injonction: ne rien subir, vivre, chaque état, la joie, la santé, la réussite, la tristesse, la maladie.

 

Je ne rejette rien, tout m’est volupté, jusqu’à la petit mélancolie qui accompagne souvent la maladie. Elle me permet de déposer les armes, de m’étendre mentalement, de prendre mes aises, de laisser aller.

 

Des journées en forme de grandes vacances: lire, dormir, lire, rêver, ne rien faire. La superficie du vide, elle ne m’inquiète pas, les grandes idées naissent toujours de ces périodes de vacances.

 

J’accueille la maladie, elle n’est certainement pas venue pour rien, qu’a-t-elle à me dire? Je prends du temps pour elle, je l’écoute, je lui laisse toute sa place. Elle partira d’autant plus vite que je ne la méprise pas.

 

J’ose quelques potions, quand la gorge brûle trop fort: gingembre, poivre noir, citron, clou de girofle, miel; soigner le mal par le mal. Des poches de glaçons sur mon front brûlant, la fièvre a un rôle: augmenter la température du corps pour tuer les virus, je ne veux pas la faire baisser artificiellement.

 

Je laisse toujours mon corps se battre avec ses propres armes, jouer son rôle de corps, le mien est une bonne bête, il est vaillant, brave petit soldat.

 

 

Faire confiance au corps, parfois il domine l’esprit, l’oblige à s’arrêter, à se reposer. Sa façon de faire passer un message, à nos dépends?

 

Je voudrais bien savoir ce qu’il a à me dire. Arrêt forcé. Bien sûr au début je peste: « Ce n’est pas le moment, pas cette semaine, je ne peux pas! ». Alors la température monte, jusqu’à ce que je cède, impuissante.

 

Peu à peu je m’abandonne. Un sentiment de paix, de profond bien être s’empare de moi, mes traits se lissent, je sens mon corps se régénérer. Les horaires n’existent plus, pas plus que le monde autour. Un doux ermitage.

 

Et si notre équilibre tenait à cela, des périodes de rien, de néant, régulièrement?

 

La superficie du vide.

 

Qui a peur de ce face à face avec lui-même?

 

 

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