Ayurveda, yoga and the mind: Arun Deva

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Une vie est faite de rencontres, de rencontres qui changent notre vie justement. Parfois elles nous bousculent si fort que notre petit ego bien au chaud, emmitouflé dans ses habitudes, ses préjugés, se rebelle.

 

Le mien aime particulièrement les habitudes, tel un petit loir se préparant à l’hibernation, il range sa maison, sort les gros édredons de plumes, fait ses provisions de bois… Naturellement il aspire au calme, au confort, à la paix.

 

Il n’aime pas qu’on le bouscule, il profite de l’arrivée des premiers frimas pour se rouler en boule, fermer la porte derrière lui.

 

Une douce léthargie dans laquelle il se love, jusqu’au printemps, indolente opportunité.

 

Mais…

C’était sans compter sur Arun Deva.

Je ne l’avais pas prévu.

Je m’étais inscrite à ce stage pourtant.

L’univers avait un dessein, il sait ce qu’il fait.

« Quand l’élève est prêt, le maître se présente » dit, en substance, le proverbe.

Il venait de Los Angeles, pour nous, pour partager son savoir, celui qu’il tient de ses ancêtres, de ses racines, de son pays: l’Inde.

 

AYURVEDA

Ayur: science

Veda: vie

La science de la vie.

Vaste programme…

 

Apprendre à se connaître, indispensable présupposé de vie, si bafoué pourtant.

Trop galvaudé peut-être, les « précepteurs » d’un bien-être pseudo oriental sont si nombreux et de façon générale, ils m’agacent parce qu’ils utilisent un savoir complexe qu’ils simplifient et plaquent sur nos modes de vie d’occidentaux en mal de sens.

 

Ce syncrétisme ne me convient pas. Je suis circonspecte face aux « recettes » de bien être, aux régimes artificiellement plaqués sur le plus grand nombre.

Parce que je ne crois pas aux généralités, aux dogmes, chacun est unique et, ainsi, aucune recette n’est applicable à la masse.

 

Chacun est unique et chacun est perdu, d’une façon ou d’une autre, chacun cherche un sens, profond, à son existence, à son soi, à son rapport au monde, aux autres, et à Dieu, pourquoi pas.

Certains trouvent, d’autres pas.

S’agit-il d’une chance, d’une propension naturelle au bonheur?

Je n’en crois rien.

 

Je regarde en moi, je regarde autour de moi. Je m’observe, je m’analyse, mais ce que je préfère, comme tout le monde, c’est observer les autres. Quelle facilité de voir chez autrui les névroses, les schémas de répétition, les stratégies d’évitement, les actes manqués, les compulsions, les refoulements…

Parfois, souvent, je me mords la langue pour ne pas leur dire, parce que le malaise transpire, malgré tous leurs efforts pour faire bonne figure, mais le contrôle ne sert à rien, les blessures du passé suintent, les mots interdis Mais ça ne me regarde pas, ce n’est pas mon affaire.

« Tu ferais mieux de balayer devant ta porte » me souffle ma conscience. Il y a tant à faire chez toi, ne t’en détourne pas.

 

Oui mais il faut du courage, de l’honnêteté.

 

C’est précisément le propos d’Arun: le courage d’être soi.

 

Le courage de construire (ou de reconstruire) brique après brique une personnalité. Des fondations solides et saines pour que l’édifice tienne debout, longtemps, harmonieusement.

 

Parfois, la maison a été bâtie sur des marécages, tel mur porte une fissure si profonde qu’elle menace la pérennité de la structure, vice de construction, vice caché… Si j’utilise cette métaphore architecturale c’est qu’elle me semble la plus parlante quand il s’agit de l’édification de notre être.

 

L’Ayurveda c’est cela:

Apprendre à vivre, savoir qui l’on est, pourquoi notre corps nous envoie parfois des signaux de détresse. Le corps ne ment jamais:  la maladie, la douleur, l’inconfort, ne sont que des indications qui pointent un déséquilibre.

 

Le corps porte la marque de toute notre histoire, de toutes nos émotions, conscientes ou non, l’ignorer c’est nous piétiner et prendre le risque d’une maladie grave.

« Et de nos maladies, la plus sauvage, c’est mépriser notre être » écrivait Montaigne, et d’ajouter: « qui aurait à faire son fait verrait que sa première leçon c’est connaître ce qu’il est et ce qui lui est propre. »

 

Le fameux Connais-toi toi-même de Socrate.

 

Les sages de l’Inde ancienne, les philosophes de la Grèce Antique, les humanistes de la Renaissance s’accordent donc sur ce point: pas de bonheur possible sans cette connaissance approfondie de soi.

Dit ainsi, cela paraît simple, si simple… je sais qui je suis, ce que j’aime, n’aime pas…

Et pourtant, tous, pratiquement tous, nous mettons en place de savantes stratégies d’évitement. Pourquoi? Parce qu’aller voir, profondément en nous pourrait remettre en cause notre vie actuelle ou passée, nous confronter à une blessure, à des manques, des manquements?

 

Et pourtant, Arun le dit, si paisiblement (cet homme là est la paix incarnée), si nous ne nous confrontons pas aux « fantômes de notre âme » aucune harmonie n’est possible dans le corps.

 

L’Ayurvéda est liée au Yoga, les deux font partie d’un tout, d’un système en deux temps:

« first comes Ayurveda, then comes yoga » dit Arun.

 

D’abord se connaître car l’Ayurveda nous apprend à vivre cette vie, à savoir ce qui est bon pour nous, individuellement.  Ensuite vient le yoga qui lui, permet de transcender la vie.

Une pratique du yoga sans cette préalable connaissance peut s’avérer dangereuse et au contraire augmenter nos déséquilibres.

Car le yoga est une puissante source de transformation.

Mira d’ajouter:

« Yoga is brain work, body work, and love »

 

 

La connaissance de soi est un chemin difficile, semé d’embuches, il demande un courage phénoménal, il implique d’apprendre à se détacher des habitudes, des croyances, parfois de remettre en question tout ce qui nous fonde…

 

Mais pour y arriver, nous avons un bon guide: nos émotions. Elles ne nous mentent jamais, boussoles de notre état intérieur, les nier c’est prendre un bien dangereux parti.

Nous ne faisons qu’un court passage, cette vie que nous vivons est si précieuse, si unique, faites en sorte d’en faire quelque-chose nous dit le petit homme rayonnant:

« a juicy life with a purpose; make everything juicy, your yoga too »

 

J’aime ce discours du plaisir, aucun dogme dans ses recommandations, le bonheur est notre propos, ce pour quoi nous sommes ici.

 

Mais… il ne se conquiert pas sans bataille, sans lutte, sans effort et sans courage.

 

Serez-vous assez courageux, assez honnête pour oser ce chemin?

 

 

Arun Deva

http://yogarasayana.com/

 

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One Reaction

  1. Julie

    Bonjour, petit mot pour dire simplement que j’aime lire « mysunnylifeproject ». Ta réflexion et ta vision des choses et ta façon de les écrire. Merci pour ces moments de lecture et de pauses!.

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