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Un été bien différent, beau certes, le sud a cet avantage, cette garantie de soleil. Du soleil oui, mais pas comme les autres années; où sont passées les nuits chaudes, les chaudes nuits d’août? La fraîcheur du soir emplit la maison grande ouverte, les araignées veulent déjà entrer, elles songent à l’automne, à ce moment de repli, préparer son nid, se mettre à l’abri.

 

Je ne suis pas si différente, un instinct animal de protection? Peut-être, cet aspect reptilien de mon être me rassure, sans doute parce que j’aime sa permanence, sa stabilité.

 

Chaque année c’est la même chose, j’ai besoin de prendre quelques jours avant la rentrée pour « préparer » mon année, disperser le terreau fertile sur lequel pousseront mes projets. Les conditions nécessaires (mais pas suffisantes) de mes ambitions.

 

Telle une marmotte qui prépare son terrier, je me lance dans une politique de grands travaux, je range, trie, jette. Je ne supporte pas de garder, d’accumuler, tout ceci finit par m’encombrer. Une sorte de tabula rasa de mon intérieur.

 

J’ai une règle: ce que je n’ai pas porté depuis deux ans finit à la Croix Rouge. Cet exercice allège mon esprit, le nettoie, permet un nouveau départ.

 

Au milieu des piles de vêtements je songe à ce que je consomme d’inutile, je prends une première résolution ( j’ai remarqué que pour moi l’année ne commençait pas en janvier mais en septembre, ainsi mes résolutions de septembre sont-elles bien plus puissantes), n’acheter que ce dont j’ai besoin, n’acheter que des vêtements de qualité.

 

Après des heures de travail, je contemple mes placards: parfaitement rangés, propres, des piles de vêtements pliés, ce spectacle me rassure, mais ce n’est pas suffisant.

 

« Tu ne crois pas que nous devrions changer de matelas/sommier? »

 

C’est un peu sa faute, Natacha et ses histoires d’acariens, j’imagine ( j’imagine vite et grand, trop…) dormir sur une montagne de ces affreuses petites bêtes, mortes et vivantes et le reste…

 

Ce que femme veut…

 

L’expédition commence: « elle a dit du Bultex, garantie sans bêtes », l’homme cède, il veut la paix, il sait que sa quiétude des mois à venir est à ce prix.

 

Il faut se débarrasser de l’ancien lit, faire livrer le nouveau, mais si je mets un lit propre, il faut que notre chambre soit toute propre aussi, la politique de grand travaux recommence, les rideaux, les coussins, les murs, les étagères de livres, tout, du sol au plafond.

 

L’homme observe en souriant, finalement, le résultat de mes lubies lui plaît toujours.

 

Le changement, d’abord il résiste: « T’es chiante, je suis en vacances, on ne peut pas simplement se détendre? » Mais moi ça me détend de changer les meubles de place, de trier, de ranger.

 

Après.

 

« C’est vraiment bien ».

 

J’attends le: « Tu avais raison ma chérie, ces petits tracas valaient la peine… »

Quand les mots viennent, je me sens comme un soldat venu à bout  d’une mission, je contemple mon oeuvre avec le sentiment du devoir accompli.

 

Parce que cette activité là me remplit, j’ai tellement besoin d’être bien chez moi, j’ai besoin de cette bulle de beauté, de douceur, de sérénité.

 

Une chambre toute neuve, un matelas neuf, propre, blanc, immense. Je vais chercher le marteau, je veux autre chose, sur les murs, depuis que j’ai « étudié » le Feng Shui (ici) je repense chaque objet, rien n’est laissé au hasard, la chambre est un endroit si important, rien ne doit encombrer le sommeil, surtout pour moi qui  suis venue à bout d’un dragon (ici), je ne voudrais pas qu’il pointe à nouveau le bout de ses écailles.

 

Des matières naturelles, du bois, du coton, du lin; des couleurs douces, du blanc, du pastel, des livres (mais pas n’importe lesquels: dans ma chambre ne figurent que ceux qui traitent de sujets « doux », yoga, lifestyle, poésie…), de la lumière, ma vue sur Sainte-Victoire, la première chose que je vois le matin,  une formidable perspective d’avenir…

 

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’ aimer ? » Alphonse de Lamartine

 

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