home sweet home

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Chaque matin, mon grand plaisir est de faire le tour de la maison, respirer l’air, les premiers rayons, la rosée, la vie qui s’active et par capillarité, active la mienne.

 

J’ai besoin de sentir cette sève, regarder le ciel, sentir que je fais partie de ce tout.

 

Je touche l’été du doigt, j’ai préparé sa chambre, je veux qu’il se sente bien chez moi. Je l’attends, je l’espère, chaque jour je m’affaire dans le jardin, je creuse, je ratisse, je nettoie, je plante, je désherbe, j’arrose, j’enrichis, je coupe, je taille.

 

Mon jardin.

 

Je contemple mon oeuvre, une petite gloire; la forme de mes envies; à la fois sauvage et sophistiqué, luxuriant et bien rangé, il ressemble à mon âme.

J’essaie de le domestiquer, mais il se rebelle toujours, mon âme aussi.

 

La vie trouve son chemin, me surprend, m’agace parfois. Telle plante tue les autres, celle-ci meurt alors qu’on en attendait tant. D’autres encore apparaissent sans que l’on sache d’où elles viennent… Une armée de fourmis me volent mes graines de gazon, lutte acharnée et sans merci,  je vaincrai! A la fin, la nature est la plus forte, je m’incline, les guerrières disciplinées sont venues à bout de ma volonté et de mes semences, il faudra que je recommence, que je trouve un moyen.

Mais je ne les tuerai pas. Il me faudrait un super prédateur, un tapir ou quelque-chose comme ça… Comment annoncer cette éventualité à mon entourage? Déjà qu’ils se moquent de moi, j’ai commandé des larves de coccinelles par la poste, guetter le facteur pour ne pas les laisser mourir de chaud dans la boîte à lettres.

Il paraît qu’elles tuent les pucerons. Voraces. Mais elles ne veulent pas sortir de la boîte, planquées dans leurs pop-corn, je tente de les déloger à l’aide d’un pinceau, rien à faire. Je traque le minuscule.

« Tu es ridicule Julie ».

Mais si ça me plaît de bricoler des solutions, de créer des potions pour maintenir l’ordre dans mon jardin. C’est moi la reine ici, c’est moi qui dirige ce petit monde, c’est moi qui donne les directives, c’est moi qui décide qui reste, qui part, qui est indésirable.

On being a queen…

J’ai l’illusion de cette toute puissance, l’illusion seulement, parce qu’ici comme dans la vie, le pouvoir n’est qu’une illusion, je n’ai aucune prise sur rien: les limaces dévorent le basilic dès que j’ai le dos tourné, les oiseaux volent les meilleures cerises, les pucerons attaquent mes lauriers roses, les araignées capturent mes larves de coccinelles…

 

Les sujets de mon royaume se rebellent, insubordination, ils piétinent mon pouvoir, s’en rient.

 

Tyran de pacotille je m’incline. La vie est ainsi faite qu’il faut savoir reconnaître ses échecs. Alors je m’abandonne à la fascinante contemplation de ce petit monde. Je me perds dans ce spectacle quotidien, le chat vient se frotter contre mes jambes, le café fume encore mais déjà il est l’heure d’aller travailler.

 

Je jette un dernier regard, je contemple ma chance, la forme de ma vie; une maison est bien plus que du matériel, elle est un élément constitutif de nos vies, un membre de la famille, témoin de nos joies et de nos peines, elle nous ressemble, nous protège, nous ressource, nous inspire…

 

En prendre soin, lui donner la forme de nos envies, de nos espoirs est bien plus qu’un simple acte de « décoration »; c’est  l’espace qui doit parler, la fonction.

« La machine à habiter » de Le Corbusier. Au service de ses habitants… ne doivent-ils pas aussi lui rendre la pareille?

 

Dis-moi à quoi ressemble ton intérieur, je te dirai qui tu es…

 

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