Viens mon beau chat sur mon coeur amoureux…

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Les petites choses de la vie, celles qui, mises bout à bout, forment de grands plaisirs.

 

Ma petite bête est de celles-ci. Chaque matin, quand je m’éveille je vois ce sphinx allongé sur la palissade de bois: fier, majestueux. Cette contemplation me remplit de joie, m’invite à adopter la même posture digne, conquérante, libre.

 

Car mon chat ne s’embarrasse de rien, ni de personne, vivre à sa guise, lentement couler les jours, en fonction du temps qu’il fait, des heures de la journée. Une minute après l’autre, suivre sa vitalité ou sa fatigue, s’abandonner à une voluptueuse sieste ou courir après une souris/lézard/sauterelle/taupe/oiseau… Mon petit chat ne se refuse rien, vivre selon son bon plaisir voilà sa philosophie.

 

J’envie sa confiance, sa liberté, sa beauté parfaite, ses yeux d’agathe, son port de roi, son agilité d’athlète.

Je me perds dans cette contemplation sans fin.

« Tu l’aimes plus que moi! »

Non, bien sûr que non, mais je ne peux hausser le ton sur cette adorable bestiole, ma voix se fait sucrée, je fonds, littéralement. Son regard m’hypnotise, son ronronnement me chavire.

 

Prise en otage.

Il y a quelques mois, il agonisait sous ma boîte à lettres, petit être décharné patiemment remis sur pieds. Les cigognes l’avaient déposé dans mon jardin.

Il paraît que les chats choisissent leurs maisons, leurs maîtres…

 

Mais qui est le maître?

 

Asservie à son charme, esclave de sa beauté, je me plie à ses volontés, je m’adapte à ses caprices.

Il fallait qu’il en soit ainsi, j’aime m’en remettre à la Providence, je ne l’avais pas choisi, voulu et maintenant il partage ma vie, petit élément devenu majeur.

 

Il m’inspire, m’apaise, les écrivains n’ont-ils pas toujours possédé un chat?

Créature mystique et mystérieuse, ami des artistes, indispensable muse des poètes…

 

Le plus illustre d’entre eux, mon préféré, a consacré plusieurs poèmes à cet animal-roi, ces deux-là sont mes préférés:

 

Le Chat

 

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

 

Les Chats

 

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

 

— Charles Baudelaire

 

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