face nord

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Je me méfie de ce qui brille trop, de ce qui plaît au premier coup d’oeil, en amour comme en art, j’aime ce qui se dévoile peu à peu, ce qui se révèle, jour après jour;  les amours durables me semblent celles qui ne se contentent pas de ce feu de paille, la beauté seule ne suffit pas. S’il n’y  a rien d’autre, elle passe aussi vite qu’elle est venue, pire, elle se transforme en un objet transparent à côté duquel il faudrait vivre, comme s’il s’agissait d’un meuble, une meuble dont le lustre perdrait progressivement sa splendeur.

 

Il faut autre chose que les paillettes, les apparences pour construire une vie, un amour.

 

Nous marchons l’un à côté de l’autre, le panorama majestueux, impressionnant, nous impose le silence. Je sens son pouls, les soubresauts de sa respiration, je sais ce qu’il pense: « c’est dans ces moments-là que nous sommes le plus proches »; aucun artifice,  pas d’argent, de statut social, d’amis, de projet, de maison, rien d’autre que la nature, le ciel, les montagnes, les roches, les herbes sèches.

 

Sans divertissement, sans diversion,  la confrontation est inévitable, la vérité s’exprime, implacable.

 

Un pas devant l’autre, le souffle s’accélère dans les montées, les pieds glissent sur les cailloux blancs, « tu tiens le coup? » me demande-t-il.

Oui, je suis une bonne bête, j’aime sentir mon corps fonctionner, lui donner un peu de fil à retordre, grimper jusqu’au sommet, un cheminement métaphorique qui me donne  l’énergie d’accomplir les défis de demain.

 

Face nord

 

Déserte, désertique, presque aride, depuis combien de temps n’a-t-il pas plu?

 

Face nord

 

Quand la face sud est riante, peuplée, surpeuplée parfois… ici les « gens » s’aventurent peu. Le calme d’un lendemain d’apocalypse, personne, nous ne croisons personne.

Quelques lézards cependant.

Rien d’autre que le silence de silence, le ciel que je pourrais presque toucher du doigt, le sommet comme toit du monde, l’infini est à ma portée.

 

Le rythme des heures s’étend, jusqu’à se perdre, depuis combien de temps marchons-nous?  La chaleur est accablante, il faut économiser notre eau, si elle venait à manquer…

Prendre conscience de la préciosité de ce monde sauvage, si rustique et si fragile à la fois.

 

Les fleurs.

 

Partout, un festival de couleurs, de senteurs.

 

Malgré une terre peu fertile, la nature trouve toujours son chemin, elle se renouvelle, se contente de peu quand il faut se contenter de peu.

Elle sait s’adapter toujours, serons-nous capable d’en faire autant?

Elle n’a pas notre arrogance c’est certain, c’est pour cela qu’elle nous survivra, c’est certain.

 

En attendant, je goûte ma chance de pouvoir la contempler, sa diversité, sa beauté, puisqu’il s’agit de jouir, de profiter pleinement de cet environnement féerique.

 

Maintenant.  Se plonger dans l’instant, le dilater, en pénétrer chacune de nos cellules.

 

La vie par tous les pores de la peau.

 

Les papillons, blancs, jaunes, rose, bleus, un festival. Ils sont, paraît-il, le meilleur marqueur de pollution. L’air est pur, je m’efforce de respirer plus fort, plus profond, nettoyer, faire des réserves « de propre ».

 

Ici c’est mon oxygène, mon sas avant de recommencer la semaine, couper le téléphone, recharger mes batteries; la nature n’est donc pas complètement abolie en moi.

 

Ne pas oublier d’où je viens, d’où nous venons, avoir au moins cette reconnaissance là.

 

Je viens de cette terre, j’y retournerai un jour, le plus tard possible…  Mais ce jour-là, je voudrais que l’on plante à côté de moi, quelques pieds de thym et de lavandes en fleurs…

 

 

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