la peur

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Comique de répétition, depuis quelques jours les étiquettes de mes Yogi tea n’ont qu’un mot en tête FEAR: « Give up your fears »; « Fear less- hope more »; « fear less love more »; « fear knocked at the door »…

 

Comme je ne crois pas au hasard, il a bien fallu que j’observe ce phénomène, cette inquiétante/ bienveillante récurrence.

 

Qu’avait-elle à me dire?

 

Un proverbe dit (en substance): « quand l’élève est prêt, le maître se présente ».  Ainsi m’arrive-t-il de rencontrer des livres qui font office  d’enseignant (car c’est aussi cela un livre) et celui -ci  est arrivé, comme de coutume,  au moment où j’en avais besoin.

 

C’est ma soeur qui me l’a conseillé: « cet homme est incroyable ».

Jiddu Krishnamurti, Le vol de l’aigle.

La liberté, voilà le credo de cet homme.

Comment accéder à cette liberté, se libérer des schémas qui nous enferment?

 

La Peur.

Toujours elle, le penseur en convient, c’est elle qui est à la base de toutes nos entraves:

La peur de manquer, la peur de perdre, la peur d’être seul, la peur du lendemain…

 

La peur, la peur, la peur, la peur, la peur, la peur, la peur, la peur, la peur…

 

Elle revient comme un boomerang, me poursuit, pourquoi moi? Suis-je si peureuse? Pourquoi, tout me ramène à elle ces derniers temps?

 

« Parce que c’est la peur qui nous pousse à accepter notre conditionnement » écrit-il.

La peur qui nous retient dans une vie/ un travail/ une relation qui ne nous correspond pas/plus.

La peur qui nous empêche de dire ce que nous pensons: « je t’aime »; « je ne t’aime plus »; « je voudrais que tu reviennes »;  » je ne suis pas/plus heureux avec toi »,  » j’ai besoin d’aide », « que va-t-on penser de moi? », « mais si je le/la quitte je vais être seul(e) »…

 

La peur qui paralyse nos actions, entrave notre liberté, notre bonheur.

 

D’où vient cette peur?

 

Du passé: « En réfléchissant à la souffrance psychologique que l’on a éprouvée jadis, et ne désirant pas la voir se répéter, ne désirant pas voir surgir cette chose, pensant à tout cela on voit naître la crainte. »

 

« la peur est imputable à la pensée »

 

Que faire alors, ne pas penser? C’est impossible…

Si la peur est imputable à la pensée, cela signifie que mon esprit ne se laisse  pas aller à l’instant, qu’il ne s’abandonne pas.

 

S’abandonner…

 

Si je contemple un arbre, la beauté d’un paysage, mon esprit s’abandonne à l’instant, il jouit du moment, ne se demande pas si demain je pourrai encore voir cela.

 

Pourquoi ne sommes-nous pas capable de vivre ainsi les autres moments?

 

En amour, par exemple, devons-nous laisser les traumatismes passés rejaillir: « est-il/elle fidèle; m’aime-t-elle/il; m’espionne t-elle/il; va-t-il/elle me quitter; que fait-il/elle quand je ne suis pas là…? » toutes ces peurs qui paralysent, empêchent de jouir l’instant.

 

« Quand il y a une jouissance complète de la beauté, d’une montagne, d’un visage, d’une nappe d’eau, pourquoi la pensée doit-elle intervenir pour lui donner un tour d’écrou supplémentaire et tout fausser en lui disant: « il me faut éprouver de nouveau ce plaisir demain »? »

Il nous faut découvrir les rapports existants entre pensée et action, découvrir si la pensée doit nécessairement intervenir là où il n’existe aucun besoin d’elle.

Comment vais-je m’affranchir de la peur?

Krishnamurti va plus loi, selon lui, toutes nos valeurs sont fondées sur la peur et le plaisir (la peur de perdre ce plaisir, ne plus le vivre à nouveau).

 

La peur est imputable à la pensée car celle-ci ramène toujours notre présent au passé, à ce que nous avons vécu (ancestral « réflexe » de notre cerveau reptilien qui nous pousse à nous préserver du danger).

 

« l’expérience ne peut jamais être libre parce qu’elle est liée au passé et qu’elle est par conséquent incapable de voir quoi que ce soit de façon neuve. Et, dès l’instant où je comprends ceci très clairement, le mental s’apaise. La vie est un mouvement, un mouvement constant dans l’univers des interrelations; et la pensée qui s’efforce toujours de capturer ce mouvement en fonction du passé, de la mémoire, du stable, du figé, la pensée a peur de la vie. »

 

La pensée a peur de la vie…

Quel terrible constat, cela signifierait-il que nous ne sommes naturellement pas programmés pour vivre mais plutôt pour survivre…?

 

en va-t-il de la survie de l’espèce?

 

Effrayant constat qui nous ramène à notre animalité et plus loin encore à notre conditionnent Darwinien?

 

« Voyant comme notre esprit conditionné par la société, par le passé, notre histoire, que toute pensée naissant du cerveau est vieille et par conséquent incapable de comprendre quoi que ce soit de neuf, l’esprit alors devient calme, complètement calme, non par contrainte, non pas poussé au calme. Il n’existe aucun système, aucune méthode – qu’il s’agisse du zen japonais ou d’un système hindou (comme la méditation)-, il n’en existe aucun pour apaiser l’esprit; c’est une discipline vaine et stupide de l’esprit que de le discipliner au calme.

En voyant tout cela- le voyant vraiment et non pas théoriquement-, surgit alors une action qui jaillit de cette perception: la perception même est l’action libérant de la peur. Donc, à chaque occasion où surgit la peur, il y en a une perception immédiate, et la peur prend fin. »

 

Il suffit simplement d’observer.

 

Observer sans juger le jaillissement de cette peur « tiens, elle arrive ». En la regardant sans la juger, elle perd de sa force, en voyant qu’elle n’appartient pas à notre présent, mais à notre passé, qu’elle réactive un passé qui agit sur nous comme un tyran puisqu’il nous enchaîne à lui.

 

Le regard d’un enfant, un regard innocent, voilà ce qu’il nous faudrait retrouver pour tordre le cou à cette peur.

 

Retrouver la fonction d’émerveillement de l’enfant.

 

S’abandonner à l’instant, sans songer aux expériences passées, aux conséquences futures.

 

Il faut une grande vitalité pour cela, une vigilance, une intensité qui nous pousse du côté de la vie et non de la survie.

 

Une observation très claire de nous-même, sommes-nous prêts à cela?

 

« Il existe une manière de regarder en nous-même sans qu’il y ait peur ou danger: c’est de regarder sans condamner, sans justifier d’aucune manière, de simplement regarder sans interpréter, sans juger, sans soupeser. Pour cela l’esprit doit être ardent dans son désir d’apprendre par son observation de ce qui est réel. Où est le danger de « ce qui est »?

(…)

Il y a une grande beauté à observer, à voir les choses telles qu’elles sont psychologiquement et intérieurement; cela ne veut pas dire qu’on les accepte telles qu’elles sont; et cela ne veut pas dire non plus qu’on les rejette ou que l’on veuille faire quelque-chose pour changer « ce qui est »: c’est la perception même de « ce qui est » qui entraîne sa propre mutation. Mais il faut connaître « l’art de regarder ». Cet art de regarder ne comporte jamais d’éléments d’introspection ou d’analyse, il s’agit simplement d’observer sans aucun choix. »

 

Voilà.

 

Un regard neuf, frais…

 

 

 

 

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One Reaction

  1. Marina B.

    Oui, en effet, cet acte d’observation est une manifestation de la « conscience pure », juste de la présence à ce qui est ( que ça soit la peur , ou autre chose). Cette présence consciente agit comme une source de lumière puissante et détruit toutes les ombres, y compris la peur. Dans « Le pouvoir de l’instant présent » de Eckart Tolle c’est très bien écrit. Et aussi dans les « Femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola Estes, un best;

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