de l’amitié

XOXO

 

Je n’aime pas les lundis, je les hais, reprendre un rythme, contraindre le temps, l’obliger à une productivité forcée, à une compartimentation sèche. Le soleil n’arrange rien, un printemps précoce, insolent de chaleur. Comment trouver la force de rester enfermée à écrire? Je l’ai attendu si longtemps, maintenant, il est là, à ma porte, il me fait de l’oeil.

Puisque mon métier se nourrit d’extérieur…  J’enfile mes baskets, je prends un carnet, les hirondelles accompagnent ma révolte, elles volent frénétiquement au dessus de la piscine; nicher, préparer l’avenir, se mettre en sécurité, chez moi elles seront bien.

Une hirondelle ne fait cependant pas le printemps dit le proverbe, justement, s’il venait à s’évanouir comme il est venu?  Il s’agit d’en profiter, de se saouler de ces rayons, de ces chants d’oiseaux, de cette nature qui s’ébroue, de ces gens qui sourient, de ces envies de vivre plus fort, d’avoir un coeur amoureux.

 

Mais je ne suis pas la seule à ressentir cette impossibilité de travailler, elle m’appelle, « les grands esprits se rencontrent » dit la sagesse populaire.  Je crois aux « connexions », parfois, penser la même chose au même moment, elle n’est cependant pas très en forme,  je l’écoute, une amie c’est fait pour ça, être disponible, voilà, selon moi, un des critères numéro un de l’amitié.

 

Je voudrais retranscrire, ici, en substance, la conversation que nous avons eue. Car le chagrin de mon amie est un de ceux que j’ai ressenti il y a peu. Aussi lui ai-je dit les mots qui m’ont fait du bien à moi.

Une amitié déçue, une amitié perdue, qui n’a jamais vécu cela? Un profond sentiment d’injustice, me dit-elle. Oui, comme je le comprends ce sentiment… « Je suis trop entière » sanglote-t-elle. Retourner les choses contre soi, s’auto-flageller, la belle tradition française, je m’insurge contre ça: « tu es toi, lui dis-je, qui voudrais-tu être à la place? ».

 

Le seul problème de mon amie (qui fut longtemps le mien et qui l’est encore parfois) est de ne pas assumer ce qu’elle est: une fille entière, intense, passionnée, qui ne supporte pas les faux semblants, les injustices, qui ouvre sa bouche quand tout le monde la ferme, qui monte à l’assaut quand ses semblables restent cachés, qui prend les coups à la place des autres, qui va au bout des choses, toujours, quel que soit le prix à payer.

 

Oui, forcément, parfois (souvent) ça fait mal… Il est bien plus prudent, de ne pas s’exposer, de se contenter d’amitié de surface, de relations légères, sauf que toi ma petite poulette, tu es incapable de ça.

 

Tu es toi.

 

L’ami, le vrai, sera celui qui t’aimera comme tu es, avec tes fragilités, tes doutes, tes excès, tes maladresses parfois.

 

TOI

 

Je ne crois pas que l’amitié soit très différente de l’amour (l’attirance physique en moins), il est si difficile de rencontrer celui ou celle qui partagera notre existence, ainsi en est-il de nos vrais amis, combien en une vie?

Peu

Je suis toujours circonspecte face à ceux qui s’entourent d’une multitudes d’amis, moi je n’aurais jamais cette énergie, je veux être disponible, vraiment pour ceux que j’aime et, surtout, je ne peux pas me contenter de ce que j’appelle « les relations de surface »;  j’ai déjà essayé: « fais un effort Julie », cette attitude me vide, me coupe de moi-même.

 

Maintenant, j’assume, je suis comme ça, une sauvage… Mais quand j’aime, j’aime… En amitié ou en amour, je vais au bout des choses, je les pleure, les crie s’il le faut. Je me moque de ce que les autres pensent (puisque tout le monde pense toujours quelque-chose…), je dis ce que j’ai à dire, ce que je ressens.

Rien de tiède, la tiédeur m’ennuie, m’étiole.

 

En amour ou en amitié, quel intérêt d’être aimé pour une image que nous pourrions donner?

« Pourvu que je me fasse voir tel que je suis, je fais mon effet » écrivait Montaigne.

Etre aimé pour ce que je suis, profondément, ou pas.

Ou pas.

 

Apprendre à renoncer, renoncer à ce/ceux qui ne nous rend(ent) pas heureux.

Ne pas changer, choisir seulement ceux qui nous correspondent, bien choisir et quand on les a trouvés, tout faire pour ne pas les perdre.

Car ces amours-là, ces amitiés-là sont plus rares que les diamants rouges.

 

Mais le soleil a fini par sécher les larmes, le rire a remplacé les sanglots, parce que l’extrémité du rire touche souvent aux larmes, parce que tu n’as pas peur de vivre tes émotions fortement, parce que tu es vivante, extrêmement vivante et que beaucoup ne vivent qu’à moitié, ta vitalité dérange, ta spontanéité bouscule les barrières qu’ils se sont imposées, petit bulldozer, petit ouragan, je sens parfois l’électricité qui déborde, ça tombe bien je n’aime pas le courant alternatif.

 

Et quand je t’appellerai en larmes, je sais que tu décrocheras, qu’il soit minuit ou deux heures, que tu sois en réunion ou dans ton bain, fatiguée ou préoccupée, tu écouteras, parce que l’amitié c’est ça aussi.

 

Be yourself no matter what they say!

 

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