tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’amour …

Mucem-Love

Tous les prétextes sont bons pour parler d’amour. Sujet de conversation, d’inspiration le plus prisé, et pour ma part, il me semble que tout ce qui nous meut n’a d’autre finalité que d’aimer et d’être aimé.

Tous les chemins que nous empruntons nous mène inexorablement vers ce but. N’est-ce pas, en effet, la plus noble des motivations?

AIMER

Mais que recouvre ce verbe, ce verbe qui nous sert aussi bien à dire « J’aime mon mari, j’aime mes enfants, j’aime mon travail, j’aime le pain d’épice, j’aime l’argent… ».

Preuve, s’il en fallait, que l’amour est à la base de tout. Même des grandes religions monothéistes, les trois vertus chrétiennes  ne sont-elles pas:

la foi- l’espérance- l’amour ?

Ces trois valeurs que je pourrais faire mienne, qui auraient toute leur place dans une Sunny life, sont, ont été, si souvent déviées, bafoués. Cependant, elles montrent ici encore que l’amour est à la base de tout.

Voilà une bonne nouvelle!

Mais, je n’écrirais pas ici sur l’amour en général. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, vous vous en doutez… c’est l’amour entre un homme et une femme (ou entre un homme et un homme et une femme et une femme, of course).

Pour ce faire, il me faut baliser le sujet, ne pas tomber dans les écueils de clichés niais, trouver un angle d’attaque solide, un balisage qui me permette d’avancer, de construire un raisonnement étayé de références,  parce que d’autres (de très grands), s’y sont employés bien avant moi.

Le plus vieux sujet du monde, évidemment… Je ne suis pas différente de mes (lointains) ancêtres et, je pense qu’il y a fort à méditer du côté de leur sagesse (elle a fait ses preuves).  Puisqu’ils sont à la base de notre pensée occidentale, je vais aller faire un tour chez les Grecs!

Eros et Philia, chez eux, deux substantifs pour désigner « l’acte d’aimer », deux noms qui caractérisent deux amours différents.

 

Le plus grand livre (de philosophie)  écrit sur l’amour est bien Le Banquet de Platon, il me permettra ici   d’illustrer mon propos: tenter de définir ce qu’est l’amour, ce que signifie « aimer », tenter de différentier « amour » et « passion ».

Quelle entreprise me direz-vous! Certes, mais elle mérite qu’on s’y attelle, même maladroitement.

 

Suivez-moi, le jeu en vaut la chandelle puisque c’est d’amour dont il va s’agir…

 

Je ne retiendrai du Banquet de Platon que deux discours, celui d’Aristophane et celui de Diotime.

Celui d’Aristophane parce qu’il contient le plus joli mythe de toute l’histoire de la littérature, celui des Androgynes. En effet, Aristophane nous raconte qu’à l’origine les hommes avaient quatre bras, quatre jambes, ils étaient très forts et très rebelles, jusqu’à oser escalader le ciel pour défier les dieux. Ces derniers, légitimement courroucés, décidèrent ainsi de les couper en deux en guise de châtiment. Dès lors, chaque être humain erre à  la recherche de sa moitié. Tant qu’il ne l’a pas trouvée il vit dans la souffrance, incomplet. Mais quand il tombe sur cette autre partie de lui, c’est un être entier qui se reconstitue. C’est peut-être de là que vient le concept « d’homme/femme de ma vie », l’idée que l’on cherche sa moitié, que l’amour est une complétude,  qu’une seule personne n’est éligible et que l’amour est éternel dès lors que la « moitié » est retrouvée.

C’est une vision adolescente, j’en conviens.

Mais,  Platon va  s’inscrire en faux à travers le discours de Diotime. Pour lui l’amour n’est jamais un aboutissement mais une quête éperdue et perdue d’avance. Pour lui le désir est manque, et c’est ici que j’aimerais introduire la notion « d’éros ».

Eros, désigne, chez les Grecs, l’amour passion (et pas, comme on le croit souvent, le sexe, même si évidemment la sexualité fait partie de l’amour-passion), c’est-à-dire, l’état amoureux (quand notre coeur bât, quand notre ventre se serre à l’approche de l’objet de cette passion, quand l’autre nous manque dès que nous sommes séparés de lui). La passion des débuts, l’état fusionnel qui en résulte. Pour Platon, cet amour -là est voué à une souffrance certaine, car, pour le philosophe, l’amour est désir et le désir est manque: « Je ne peux désirer que ce que je n’ai pas, ce qui m’échappe ».

 

AMOUR=DESIR=MANQUE

 

Ainsi l’amour est-il forcément une souffrance, un échec, puisqu’il est voué à une éternelle quête. Si je ne peux désirer que ce qui m’échappe (c’est-à-dire le mystère de l’autre, avant de le connaître vraiment), je ne peux plus désirer ce que je possède ( l’autre quand j’accède à lui dans sa vérité, dans la connaissance profonde de ce qu’il est, dans le quotidien, donc). Si j’arrive à cette étape- là, j’accède à l’ennui, je ne désire plus.

 

Il n’y donc pas d’amour heureux?

Mais, heureusement, d’autres philosophes prennent le relais et s’insurgent contre cette vision « d’impuissants » (si je ne peux désirer qu’une femme que je ne connais pas vraiment, que je ne possède pas, alors je suis enfermé chez Platon, prisonnier du manque; je ne peux plus désirer une femme que je possède, je ne peux donc pas aimer, je suis impuissant à aimer vraiment).

 

Que se passe-t-il après la passion?

Cette phase de fusion qui dure quelques mois ( jusqu’à ce que l’on prenne connaissance de l’autre) est évidemment naturelle dans la formation d’un couple. Mais, chez certains ( les prisonniers de Platon) elle s’arrête-là et la quête recommence.

Chez d’autres, elle se transforme,  ce que le philosophe André Comte Sponville désigne par le substantif « Philia ». Une  forme d’amour différente, ou, plutôt, selon moi, la naissance de l’amour.

 

L’amour « vrai ».

Pourquoi? Parce qu’il ne se fonde plus sur des apparences, un mystère, mais sur la vérité de l’autre. L’autre me fait alors le plus beau des cadeaux puisqu’il m’autorise à être vrai, à être ce que je suis.

 

« Je t’aime pour ce que tu es, toi entièrement, avec tes qualités et tes défauts, avec tes failles, avec ton passé… merci d’être toi. »

 

Voilà, la plus belle des déclarations d’amour, à mon sens.

 

L’amour ne commence qu’ici.

Avant, nous ne pouvons parler que de désir, d’une certaine forme de mensonge (érotisant, certes).

Il s’agit d’une conception Aristotélicienne de l’amour, l’amour fondé non plus sur le fantasme de l’autre, sur le manque, mais sur la joie de ce qui est.

Je ne rêve plus l’amour/ l’autre, je le vis. Je vis la plénitude du réel, je me réjouis que l’autre existe,  je jouis le présent d’être ensemble, la complicité, la tendresse, le partage de sa vie, de son lit, de ses goûts, de ses dégoûts, de ses joies, de ses peines.

 

« Ce n’est pas moins d’amour, c’est plus d’amour », écrit A. C. Sponville dans son essais  Le sexe ni la mort (dont cet article est très fortement inspiré et que je vous incite à lire).

Bien sûr, cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de moments d’ennui, de lassitude, mais ils sont moins nombreux que les moments de joie.

« Il y a donc une vie après la passion » écrit le philosophe, une vie dans laquelle on accède et on aime « la vérité de l’autre ».

Et , d’ajouter: « Celui qui n’aime que les illusions qu’il se fait sur moi me pousse à la frime et à l’angoisse: que restera-t-il de son amour/de son désir, lorsqu’il aura appris à me connaître? Celui qui m’aime tel que je suis, tel qu’il me connaît au plus près et au plus vrai, me fait le plus bouleversant des cadeaux: être aimé tout entier pour moi-même. »

Ici commence le couple.

Il y a des couples heureux, oui il y en a!

 

Qu’est-ce qu’un couple heureux?

Un couple qui a décidé (parce qu’il s’agit d’un choix) d’aimer le réel, la vie telle qu’elle est et non pas telle que l’on voudrait qu’elle soit.

« Etre amoureux est un état, aimer est un acte », déclare Denis de Rougemont.

« On ne décide pas d’aimer, ou de ne plus aimer ( l’amour ne se décrète pas, aussi faut-il être certain d’aimer vraiment la personne avec laquelle nous vivons), mais on peut décider d’entretenir son amour, de le nourrir, de le protéger, de le faire vivre et évoluer, c’est pourquoi la vie de couple est aussi une aventure spirituelle. » A.C. Sponville

 

Une aventure et comme toutes les aventures, elle comporte des hauts, des bas, des moments d’exaltation, de découragement, de joie, de renoncement, de découverte, de passion, de frustration, de partage, de solitude, de douceur, de colère, de sensualité et d’ascétisme, de moments avec et moments sans, mais l’aventure c’est quand même toujours mieux à deux…

 

Je dédis ces mots à tous les couples heureux,

 

Happy Valentine’s day!

 

 

 

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