qui suis-je?

fly2

 

« Sois qui tu es », cette maxime qui pourrait être la devise de ce « Sunny life project » tant je l’assène à longueur d’article, cette maxime si triviale, si évidente m’apparaît finalement comme la chose la plus difficile à atteindre.

En effet, j’ai reçu beaucoup de messages, beaucoup de témoignages de « détresse » (le substantif est peut-être exagéré), néanmoins, j’ai lu des mots de personnes désemparées devant leur incapacité à savoir, profondément qui elles sont, ce qu’elles aiment, ce qu’elles veulent.

Il ne s’agit en rien d’êtres faibles, mais de personnes comme vous et moi, happées par ce que l’on attend d’elles,  par le sens du devoir, de la famille, de la société, etc…

Qui suis-je? Qu’est-ce qui m’appartient vraiment dans la vie que je mène (travail, couple, famille, loisirs…)?

Ces questions apparaîtront obscènes pour qui « s’étourdit » d’un quotidien rassurant, de « convictions », de rituels visants à juguler le trouble, à tenir à distance les questions existentielles.

Et pourtant, si nous ne prenons pas la peine ( j’utilise à dessein ce mot, car ce travail d’honnêteté peut entraîner des changements violents, des remises en question terribles) de cette introspection, nous prenons le risque de bâtir une vie sur des fondations meubles ( si je poursuis la métaphore architecturale, l’édifice risque ainsi de s’effondrer un jour, malgré nous et de façon très violente).

 

Cette remise en question apparaît généralement autour de la quarantaine ( fameuse « middle life crisis »), elle correspond à ce que le psychologue Carl Gustav Jung appelle « le processus d’individuation ».

Nous découvrons que la vie que nous menons ne nous épanouit pas, qu’elle ne correspond pas à nos aspirations profondes, que nous effectuons beaucoup de choses « pour faire plaisir » ou « par devoir ». Nous donnons parfois une image  idéale de nous- même, nous nous rendons chaque jour au travail ( ou rentrons chez nous le soir) sans entrain, légèrement frustrés.

Mais il y a cette petite voix, au fond de nous qui émerge parfois (ou souvent), cette petite « intuition » qui nous souffle que notre place est ailleurs.

Si dérangeante soit-elle (elle peut bouleverser l’ordre établi de nos vies), elle se manifeste et l’espiègle revient toujours, quels que soient nos efforts pour l’ignorer.

 

Cette petite voix-là

C’est elle qui contient notre « vérité », ce que nous sommes profondément, en dépit du regard des autres, des schémas culturels et éducatifs, de notre « ego ».

 

Ego

Longtemps j’ai pensé que ce mot était grossier « ego », « je », « moi » en grec. C’était mal de dire « je », mal de penser à soi avant de penser à autrui, il s’agissait de se plier à un modèle, d’être gentille, d’adopter un comportement qui rende les autres heureux, qui ne dérange pas la famille, ce qu’on attendait de moi. C’était « égoïste » de dire « je », d’oser protester, être différente, finalement simplement construire mon « moi ».

Ainsi l’éducation peut-elle nous empêcher de déployer notre sensibilité, ce que nous sommes profondément.

 

Ego: « substantif tiré du pronom personnel grec ἐγώ ( je/moi). Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi-même. Il est tantôt considéré comme le fondement de la personnalité ou comme une entrave à notre développement personnel. »

 

Entrave à notre personnalité?

 

L’ego  peut donc également être non pas ce que nous sommes mais ce que nous croyons être. Ainsi devient-il une entrave à notre développement personnel.

L’ego serait donc l’opposé du « moi » profond, mais un « sur moi » qui m’empêche de savoir qui je suis vraiment.

L’ego pourrait être une « fausse personnalité » constituée de souvenirs et d’expériences qui nous enchaîneraient à des  schémas de reproduction, de souffrance, des comportements  destructeurs/pulsionnels, de colères, de dépressions…

 

Comment se libérer de cet « ego » pour accéder à nous-même?

Là est la question… Comment faire le tri, séparer le bon grain de l’ivraie? Savoir ce qui m’appartient vraiment.

Ici encore je préconiserais le plaisir. Je crois que ce qui nous rend heureux, profondément heureux n’est jamais un leurre. Le plaisir est un puissant indicateur de vérité.

Qu’est-ce qui vous rend heureux?

= ce que vous vous réjouissez de faire (et ce pour quoi vous n’éprouverez aucune culpabilité/ honte/ remords après).

Allez vers les personnes qui vous procurent cette sensation, des activités,  des livres, tout ce qui emplit votre coeur, votre ventre, votre être.

Ce peut être de petites choses pour commencer, une couleur qui attire, une chanson, un film que vous regardez en boucle ( si vous l’aimez à ce point c’est qu’il y a quelque-chose de profond qui raisonne en vous, parfois même inconsciemment). C’est un début, une piste: qu’est-ce qui me plaît/ m’attire dans cette chose-là?

Tout ce que vous aimez en dehors du regard d’autrui, de vos obligations, de vos études, de ce que vous avez appris, des convictions politiques/ culturels de votre famille, de vos peurs.

(J’écrirai bientôt un article sur la peur, ce tyran qui réjante  nos vies, nous empêche d’agir, d’aller vers le changement.)

 

Vacances

Parfois, nous sommes si coupés de nous-même, si plein du désir d’autrui, de ce que les autres vont penser de nous, qu’il nous semble impossible de savoir ce que nous aimons.

Je conseille alors un petit exercice (que je m’applique): partir en vacances de soi-même.

Quelques jours de rien, se couper du travail, de tout ce qui masque, divertit notre esprit. Rester chez soi, se lever le matin sans projet, sans obligation, laisser « remonter » les envies, leur laisser la place de s’exprimer.

Laisser la « petite voix » s’exprimer, prendre toute sa place.

Bien sûr, au départ, le vide effraie, nous ne sommes pas habitués.

Mais, le jeu en vaut la chandelle, vous verrez du vide naît toujours quelque-chose (l’univers n’est-il pas apparu ainsi?).

Accepter de lâcher prise, de se laisser surprendre, bousculer.

Une autre version de nous-même, la « vraie », c’est à dire celle qui nous fait sentir « sur notre axe », en harmonie, épanoui. Une version beaucoup plus reposante, puisqu’elle n’oblige à aucun faut-semblant.

 

Le courage d’être soi…

Vaste entreprise, mais le bonheur est à ce prix.

Il n’est jamais trop tard pour commencer, « chaque minute qui passe est une occasion de changer ta vie » dit le proverbe.

Et Montaigne de conclure:

« Qui aurait à faire son fait verrait que sa première leçon c’est connaître ce qu’il est et ce qui lui est propre. »

 

 

Favoris

Capture d’écran 2015-01-19 à 09.33.44

la disparition des lucioles

  Ce n’est pas une histoire lumineuse que je vais vous raconter aujourd’hui, ma gorge est encore serrée de ce malaise palpable, de ce désespoir qui suintait des murs délabrés.... Lire la suite ...

delos17

Apollon, Délos et moi

  Elle se mérite, on n’arrive pas sur une île comme ça, par hasard, l’insularité est une démarche volontaire. Il faut la vouloir, la désirer. Prévoir, prendre ses dispositions pour... Lire la suite ...

bhl

les aventures de la vérité

Les aventures de la vérité. Je suis sensible aux mots, chacun évoque, par sa sonorité ou par sa sémantique, une chose particulière. Ainsi « aventure » convoque immanquablement dans mon esprit vagabond,... Lire la suite ...

Capture d’écran 2015-01-24 à 11.24.07

on being a woman…

Je pense à vous, je pense souvent à vous, à ce que vous êtes, à ce que l’on a voulu faire de vous. Je m’interroge, je m’intéresse à votre bonheur,... Lire la suite ...

Abonnez-vous !

laissez moi un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code