Anywhere out of the (modern) world

penser

Depuis quelques temps tout me détourne de mon travail, de mes objectifs, de ce que je me suis jurée d’atteindre.

TOUT.

Régler des problèmes administratifs et domestiques, transférer mon blog, perdre des données, ne plus comprendre le fonctionnement, apprendre à me servir de photoshop, corriger des textes pour des amis/connaissances, me créer un compte Facebook (parce qu’un magazine pour lequel j’écris me le demande avec beaucoup d’insistance), créer un compte Instagram (c’est indispensable pour faire connaître ton blog Julie!), envoyer des manuscrits, rédiger des lettres d’introduction, toutes différentes, aller à la poste, retourner à la poste parce que c’est fermé, oublier ma carte bleue (où?), répondre au laboratoire d’analyse qui ne retrouve pas ma carte de mutuelle, donner mon avis sur les oeuvres de X artistes (et tu pourrais pas me rédiger un petit texte pour mon catalogue d’expo?)…

Peu à peu, jour après jour, me laisser entraîner en dehors de moi, loin, jusqu’à me sentir vide.

Vide pour écrire parce que trop pleine des autres, des petites contraintes, des petites demandes qui aspirent ma créativité, me coupent de mon monde intérieur, de ma fantaisie.

Parce que ce monde là se nourrit de silence, de contemplation, de  rêverie. Il lui faut du temps, une bulle en dehors de l’agitation pour se manifester. Trop sollicité il s’échappe, l’animal est craintif, presque misanthrope.

Certain le nomme inspiration, cette muse qui surgit dont ne sait où (ceux qui créent savent de quoi je parle, cette bête là n’est pas un mythe), quand on ne l’attend pas. Il s’agit néanmoins de créer des conditions propices à sa venue. Parce qu’elle est aristocratique, dédaigneuse de l’agitation et de ce/ceux qui nous emportent en dehors de nous.

Si vous souhaitez qu’elle vous rende visite, je vous conseille de couper téléphone/ ordinateur/ tablette, la belle ne se nourrit que de calme.

Et moi, j’ai perdu cela.

Vide.

Depuis un moment incapable d’écrire.

Je dois faire cette cure, partir peut-être (où?), couper (pour un moment) cette multitude de liens qui me connectent en permanence  à tant de choses utiles/inutiles?

La création est à ce prix ( il y a un prix à tout, paraît-il).

Et moi, sans créer, sans écrire, je suis loin de moi.

Apprendre à dire « non », parce que je dis trop souvent « oui »,  alors il y ceux qui prennent cela pour un dû, une évidence « puisqu’elle aime écrire »…

Apprendre à hiérarchiser ses priorités, savoir à qui l’on donne et pourquoi ( y a t-il un retour? Une réciprocité?), ce temps, si précieux, ce temps qui nous échappe, utilisons-le à bon escient, comme s’il s’agissait d’une matière précieuse.

“Personne ne distribue son argent à autrui, chacun y distribue son temps et sa vie ; il n’est rien de quoi nous soyons si prodigues que de ces choses-là, desquelles seule l’avarice nous serait utile.”

Montaigne

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