cher maître

« Lorsqu’une oeuvre est à son maximum d’intensité, de proportion, de qualité d’exécution, de perfection, il se produit un phénomène d’espace indicible: les lieux se mettent à rayonner, physiquement, ils rayonnent.

Ils déterminent ce que j’appelle l’espace indicible c’est-à-dire un choc qui ne dépend pas des dimensions mais de la qualité de la perfection, c’est du domaine de l’ineffable. »

 

Ces mots ne sont pas le fruit d’un cerveau mystique (quoiqu’il y ait, indéniablement, une grande part de mysticisme dans l’oeuvre de cet homme) mais ceux du plus grand architecte: Le Corbusier.

Ceux qui lisent régulièrement ces chroniques savent ma fascination pour cet être de génie.

J’aime les gens passionnés, habités par quelque-chose de plus grand.

J’aime cet architecte parce qu’il refusait de s’enfermer dans une case, étroite. A l’heure de la « spécialisation » forcenée, j’ai l’impression que nous ne formons plus que des êtres incapables d’avoir une vision globale et connectée.

Lui était un homme global, de ces génies « holistiques » tel Léonard de Vinci: ingénieur, homme de sciences, d’art, penseur, philosophe, urbaniste, inventeur, sociologue…

Savoir faire beaucoup de choses, appliquer sa créativité à tous les domaines humains, voilà qui me semble illustrer le GENIE.

Car qu’est-ce que le génie?

Etymologiquement et jusqu’au XXème siècle dans le langage courant, le terme « génie » désignait le caractère propre et distinctif d’une personne, d’une chose, sa nature (sens que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les désignations « génie civil », « génie militaire »). Par extension, au fil des ans, le substantif s’est mis à désigner des aptitudes particulières, un talent hors du commun.

Si l’on suit l’évolution du sens de ce mot, est-ce à dire qu’un génie est celui qui est capable d’explorer, d’exploiter, ce pour quoi il est fait? Tout se passe comme si, ces dons extraordinaires étaient le fruit d’une parfaite connaissance de soi. Exploiter, développer ce pour quoi on est naturellement fait/ doué?

 

Cette digression, me semble opportune quand il s’agit d’évoquer Le Corbusier. Cet homme n’a jamais fait que ce ce qu’il aimait. Une vie dévouée à un travail passion, à ces visions avant-gardiste, à cette volonté farouche et idéaliste d’améliorer la vie des hommes(car à quoi sert un architecte sinon à cela?). 

Faire entrer la lumière dans l’habitat, mettre la maison au service de ceux qui l’habitent, réfléchir, vraiment à ce que signifie habiter.

A l’heure où tout un chacun semble pouvoir s’enorgueillir du titre d’architecte « d’intérieur » (alors que le métier d’architecte nécessite 7 ans d’études et une vie de pratique!), à l’heure où peu de gens savent ce que  la notion d’espace signifie vraiment, le J1 de Marseille consacre une sublime à ce grand constructeur/ ingénieur/ urbaniste/ penseur/ sociologue/ peintre/ sculpteur/ coloriste/ designer/ voyageur.

 

J’ai attendu longtemps avant de m’y rendre, je déteste la foule. La nouveauté attire immanquablement cette dernière, aussi suis-je toujours celle qui ferme les portes derrière elle.

Il faut dire que le lieu lui-même était prometteur, les docks, les anciens (gigantesques) entrepôts de stockage du port de fret. De part et d’autre les ferry, immenses, majestueux, l’ambiance d’un port, la méditerranée, juste là, à mes pieds.

Je ne fus pas déçu, Marseille, au cours de cette année, n’a cessé de me surprendre, de me brusquer, de me mettre devant le fait accompli. Je crois que j’aime cette façon de faire, un peu brutale, me pousser hors de ma zone de confort, m’amener à prendre des risques, venir me chercher malgré moi.

 

Que dire de cette exposition?

Une richesse telle que je n’ai pas pu tout voir, tout apprécier. De sculptures en maquettes, de plans en idées révolutionnaires, de couleurs en tapisseries monumentales, de conversations en films super huit, de contemplations en contestations, de phrases percutantes en poésie suspendue…

Cet homme est de ceux qui vous donnent envie de vous dépasser, de ne pas vous engluer dans l’effroyable quotidienneté de la vie, d’apprendre toujours, d’expérimenter, de ne jamais se cantonner à un domaine, de chercher toujours à s’améliorer, se grandir, à créer, à rêver.

 

« L’architecture, c’est, avec des matières brutes, établir des rapports émouvants. » Vers une architecture

 

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