fondation Maeght

Le bonheur c’est la capacité que l’on possède de réaliser ce bonheur justement, voir avec les yeux d’un enfant, s’émerveiller de tout, traquer ce que notre vie a de de beau et même d’exceptionnel. 

Vendredi, je n’ai pas fait mentir ce précepte « sunny life »; pour une fois j’avais bien prévu mon coup, depuis des mois, je me disais que ce n’était pas possible de passer à côté d’une telle opportunité, mais j’ai cette tendance à procrastiner: »pas aujourd’hui il fait trop chaud/ il pleut/ je suis fatiguée/trop de monde sur les routes… » Enfin je me suis décidée, j’ai mis tout le monde au pas: « on y va vendredi! ».

Je m’attendais à une longue route, une éternité, des embouteillages, je déteste la voiture, la position assise pendant des heures… et voilà qu’après une heure trente à peine nous y étions!

Le soleil de novembre nous attendait, un soleil doux, caressant, une bienveillance qui fait de l’automne ma saison préférée. J’ai d’abord senti une puissante odeur de pin, de celles dont je raffole; j’aime m’en remettre aux odeurs, après tout ce sont elles dont notre cerveau se souvient le plus longtemps, malgré nous, perdurance de notre condition animale.

Les pins et puis le vert, un vert franc, lumineux, si rare ici, celui des pelouses d’Ecosse, une étendu calme, rassurante, la Fondation Maeght est là, juste là devant moi.

Ce lieu que j’ai fantasmé si longtemps, une légende urbaine, un musée en plein air, des sculptures de Mirò (un de mes artistes préférés), des oeuvres de Calder, Chagall, Tal-Coat, Braque, Bury… Too good to be true? Il fallait que je vois ça, les gens exagèrent toujours et la réalité dégonflent souvent mes projections fabuleuses.

Pourtant, je dois me rendre à l’évidence, la réalité est plus belle que mes fantasmes, les oeuvres créées in situ sont époustouflantes, le jardin Mirò figure parmi les choses les plus poétiques qu’il m’ait été donné de voir. Les sculptures donnent envie de sourire, de rire, un art qui ne se prend pas au sérieux, qui allège le coeur et l’âme; des fontaines, des bassins, des bosquets parfaitement entretenus contentent mon besoin d’ordre et de calme; une vue panoramique, la méditerranée est à mes pieds, ici je suis la reine de ce monde éthéré; le soleil se reflète sur les mosaïques colorées, le prisme décomposé à l’infini, je respire cet air indécemment tiède pour un après-midi de novembre, je me roule dans cette contemplation, dans ce bonheur de vivre  juste là, maintenant.

Je joue à vivre ici, ce jardin est à moi, je me promène dans la cour Giacometti, je tourne autour des sculptures, je regarde le ciel, l’architecture qui me fait songer à celle de Le Corbusier, celle qu’il a construite à Chandigarh, je suis en Inde, au milieu du XXème siècle, le courant moderne comme un livre ouvert, un livre dans lequel j’aurais sauté à pieds joints, un livre d’histoire de l’art et de l’architecture qui s’anime… 

Qui a dit que le savoir était triste?

Je profite de la clémence des rayons du soleil pour me perdre dans ce musée insolite, mais le jour décline déjà, l’automne est à ce prix, bientôt je pénétrerais à l’intérieur du musée pour une autre aventure celle de La Vérité, paraît-il…

Je l’attends au tournant, celui qui promet ce que Socrate lui- même aurait balayé d’un revers de manche.

Demain je vous raconterai cette épopée-là…

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