some more summer?

Hier soir j’ai fait ce sorbet à la framboise, il fallait se rafraîchir, trouver un moyen, ce n’était plus supportable. J’étais presque agacée, l’été indien transformé en une canicule qui n’en finit plus de s’étendre. Septembre ne se conforme pas à ce que j’attends habituellement de lui, ce conditionnement immuablement répété depuis l’enfance, les corps se recouvrent des beaux habits achetés pour la rentrée, la collection automne/hiver, une promesse de renouveau, de joie. Puisqu’il faut s’en tenir aux jambes nus, aux étoffes légères, aux lunettes de soleil, comment trouver la motivation pour entamer cette nouvelle année? 

Je ne suis jamais sortie de ce rythme scolaire, de ce découpage artificiel des jours… Septembre représente pour moi une période vierge, au cours de laquelle tout est possible, un commencement, une période propice à de nouvelles ambitions, de nouveaux projets.

 

La nuit que j’attendais comme une compresse d’eau fraîche sur mon corps brûlant ne daigne pas apporter ce soulagement, j’ai chaud, je n’en fini plus d’avoir chaud, mes jambes s’impatientent, le contact des draps m’est insupportable, je me lève, j’étouffe, je veux respirer le soir, le ciel est dégagé, criblé d’étoiles, je m’assieds au bord de la piscine, je plonge mes jambes dans l’eau, tiède, je rêve d’un torrent de montagne, glacé. Je pénètre entièrement dans le liquide, peut-être lavera-t-il mes pensées? Une sorte de baptême, j’envisage toujours le rituel du bain de cette façon, une purification, se débarrasser symboliquement de ce qui pollue. Renaître à soi?

Je me laisse porter, la pesanteur défait ses liens, je regarde les étoiles, la nuit, encore. Des chauves-souris viennent se rafraîchir elles aussi, j’observe leur danse, je n’ai pas peur, je sais que la nuit il y a une autre vie, ça me rassure de penser que nous n’avons pas tout pris, tout maîtrisé, soumis, qu’il reste encore des choses qui échappent à notre contrôle. Je n’ai toujours pas sommeil, la lune n’est pourtant pas pleine, je la cherche, je ne la trouve pas, une lune noire, la nouvelle lune, celle qui porte les commencements, les nouveaux projets. C’est donc bien le moment.

Le moment de prendre le temps de poser les choses devant soi, d’acheter un cahier neuf, d’y inscrire ses idées, ses envies, ses rêves. Une application d’écolier à écrire sa vie, ce à quoi nous voudrions qu’elle ressemble, y inscrire chaque jour une pensée, comme on prendrait soin d’arroser une plante, un geste quotidien, une minuscule attention à soi qui nous empêchera se sombrer dans une routine chronophage, parce que le temps manque, parce que le travail doit être fait, parce qu’il faut faire pousser les enfants, parce qu’on verra plus tard…

« Vivre est ce qu’il y a de plus rare au monde, la plupart des gens existent. C’est tout. » Oscar Wilde


ps: en photo, tasses crées par Emmanuelle Wiramus, ENW céramique, j’adore!

Favoris

Capture d’écran 2015-01-19 à 09.33.44

la disparition des lucioles

  Ce n’est pas une histoire lumineuse que je vais vous raconter aujourd’hui, ma gorge est encore serrée de ce malaise palpable, de ce désespoir qui suintait des murs délabrés.... Lire la suite ...

delos17

Apollon, Délos et moi

  Elle se mérite, on n’arrive pas sur une île comme ça, par hasard, l’insularité est une démarche volontaire. Il faut la vouloir, la désirer. Prévoir, prendre ses dispositions pour... Lire la suite ...

bhl

les aventures de la vérité

Les aventures de la vérité. Je suis sensible aux mots, chacun évoque, par sa sonorité ou par sa sémantique, une chose particulière. Ainsi « aventure » convoque immanquablement dans mon esprit vagabond,... Lire la suite ...

Capture d’écran 2015-01-24 à 11.24.07

on being a woman…

Je pense à vous, je pense souvent à vous, à ce que vous êtes, à ce que l’on a voulu faire de vous. Je m’interroge, je m’intéresse à votre bonheur,... Lire la suite ...

Abonnez-vous !

laissez moi un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code