la dernière aventure humaine?

Chercher ce qui ensoleille ma vie, la vie, partir du particulier pour toucher à l’universel.

S’il est un domaine qui concerne l’humanité toute entière, qu’elle soit riche ou pauvre, jeune ou vieille, c’est bien l’amour.

Sujet éculé, mille fois disséqué, depuis la littérature jusqu’aux magazines féminins et pourtant… Comment ne pas écrire à ce propos quand il s’agit de prêter attention à tout ce qui illumine mon existence, la vôtre?

Samedi j’étais invitée à un mariage, célébrer l’amour de deux êtres, sceller cette union au cours d’une messe, rituel chrétien, tradition qui perdure encore malgré le recul de la foi occidentale. Se retrouver captive dans une chapelle, en pleine campagne, le charme bucolique de cet environnement confère davantage d’intensité à la cérémonie. La fraîcheur de la dalle humide fait frémir mes épaules nues, les sons raisonnent contre les parois blanches, j’observe les voilettes, les chapeaux, les chignons élégants, le frottement des bancs sur la pierre polie par des siècles de dévotion, je retiens mon souffle, je suis toujours impressionnée par la solennité d’une messe, toujours intimidée par ces assemblées, respectueuse du rite.

Je suis attentive comme une écolière, j’écoute ce que cet homme  a à dire de l’amour, je l’attends au tournant de mon éducation païenne, de mes années de lecture: les philosophes des lumières et les autres, le travail de sape de cet héritage judéo-Chrétien qui  n’en finit plus de nous encombrer, de nous empêcher, de nous entraver.

Je l’écoute comme j’écoutais mes professeurs à la Sorbonne, puisqu’il est détenteur d’un savoir qui m’échappe (pour l’essentiel), puisqu’il y consacre sa vie, il doit bien y avoir quelque-chose à en apprendre… Mais je crains son didactisme, je crains la froideur d’un discours péremptoire, je crains le récit des évangiles égrenés comme le chapelet qu’il porte autour du cou. Une litanie qui n’en finirait plus de s’étendre: debout, assis, les jambes qui s’impatientent, les raclements de gorges gênés.

Il parle.

Il parle, j’utilise ce verbe à dessein, il parle, ne déclame pas, il parle simplement de l’amour, je tends davantage l’oreille, l’amour vrai,ose-t-il… Il décline cette notion, comme aurait pu le faire un psychologue, une amie attentive, un parent protecteur.

Qu’est-ce que l’amour vrai?

Je sens que chacun/chacune s’interroge autour de moi, l’homme devant son autel interpelle, réveille/révèle ce questionnement:

Qu’est-ce que l’amour vrai?

Celui qui dure toute une vie? celui qui donne envie de s’engager, de franchir ce cap? celui qui permet de se surpasser? de donner à voir la meilleure version de nous-même? celui qui nous fait aimer l’autre comme il est, avec ses cicatrices? celui qui sait que l’amour, s’il est une évidence au départ, se nourrit d’efforts pour durer, grandir, évoluer, se transformer? celui qui aime le quotidien si quotidien? celui qui aime le feu d’une dispute, les affres du temps, la mélancolie des dimanches, la certitude de l’avenir, la peur de perdre? celui qui veut la réussite de l’autre autant (plus?) que la sienne? celui qui illumine la vie? celui qui rend tout plus beau, plus grand, plus sensé? celui  qui donne un sens à ce qui n’en n’avait pas auparavant? celui qui se nourrit de chair, du don des corps mais aussi de périodes « sans »? celui qui sait vivre ces oscillations sans renoncer pour autant? celui qui implique des actes volontaires, de la discipline,des progrès sur soi, des efforts parfois? celui qui implique l’abandon, le don de soi, le don tout court?J’observe les amoureux qui s’engagent dans cette aventure, la dernière aventure de l’homme moderne? Celle dont on se sait jamais où elle nous mènera…
La mariée est belle, je reçois l’intensité de leur engagement, de leur amour, par extension ce sentiment puissant contamine tout le monde, je prends un peu de leur bonheur, puisqu’ils donnent l’exemple, je leur souhaite de savoir le faire grandir, d’éviter les nids de poule et de ne pas s’oublier eux-mêmes. Je songe à cette phrase de Rilke, lorsqu’on lui demandait ce qu’était l’amour:
« deux entités qui s’inclinent l’une devant l’autre »
L’amour…
Prendre soin l’un de l’autre, « C’est le temps que j’accorde à ma rose qui rend ma rose importante » écrivait Saint-Exupéry
L’amour, le grand, le vrai, nécessite des dons d’alchimiste, savoir transformer le quotidien, l’usure des jours en or, savoir transformer le feu d’une rencontre, d’une passion en une vie partagée, heureuse, durablement.
Le mariage, dernière aventure ou dernière utopie contemporaine? « Une relation amoureuse comporte certaines étapes: la rencontre où tout est merveilleux, les premières déceptions où l’on se  pose des questions et après une phase d’adaptation réciproque, le temps de décider ensemble de poursuivre, ou de s’arrêter. Une grande histoire d’amour commence à la dernière étape… Et peut durer toute la vie. » C. Bensaïd

L’amour…

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