" – Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin."

Je ne pensais pas que ce petit bout de potager me donnerait autant de plaisir.

Une « contrainte » m’avait-on découragée, mais je n’ai pas l’habitude d’écouter les autres, « il faut toujours que tu en fasses à ta tête« , familière litanie que j’arbore désormais comme une fierté. Parce que je crois fermement que nous seuls savons ce qui est bon pour nous, que trop écouter l’avis d’autrui nous détourne de ce que nous sentons, d’instinct.

Instinct animal (n’oublions pas d’où nous venons, il en reste forcément des traces, et l’observation de nos congénères, un peu plus bas sur l’échelle de l’évolution (paraît-il?), nous donne à penser qu’il est souvent sage de s’en remettre à son instinct  (que d’autres appellent « intuition », « sixième sens », « clairvoyance »….).

Je réalise, avec le recul, que ce que je fais/j’ai fait de mieux dans mon existence n’est pas le fruit d’une longue réflexion, mais plutôt ce qui m’est venue naturellement, sans effort, sans que mon intellect paralyse l’action, pèse pendant des heures et des jours le « pour et le contre ».

Mais revenons-en à ce potager, à ce qu’il représente dans mon existence.  Quelques semaines auparavant, lorsque j’ai planté ces petites pousses (Cliquez ici) j’expérimentais, je jouais à l’apprentie-sorcière, je voulais voir ce que cela deviendrait sans pour autant y croire vraiment, mais comme un enfant qui jouerait à faire semblant, j’ai effectué les gestes, j’ai arrosé, taillé les branches, biné la terre, enlevé les limaces, acheté des larves de coccinelles pour tuer les pucerons voraces (ce qui a évidemment fait beaucoup rire mon entourage puisque, habituellement, la vue d’un insecte me donne envie de déménager en haut d’une tour aseptisée à Dubaï…), j’ai cherché des solutions naturelles pour ne jamais mettre un gramme de pesticide, j’ai pesté contre les perce-oreilles qui dévoraient mes fraises, j’ai délogé les fourmis avec du marc de café, j’ai posé un lézard pour manger les moucherons…

Absorbée dans cette lutte j’oubliais les petits soucis du quotidien et pendant ce temps les plantes poussaient… Si vite.

Cette considération physique m’amenait à un constat métaphorique, ainsi en était-il de ma vie, les petits progrès journaliers m’échappaient, et pourtant, avec un peu de recul, j’en avais fait du chemin. Mais, « le nez dedans », je ne voyais rien. J’observais aisément les progrès chez les autres mais quand il s’agissait de moi…

Cultiver notre jardin.

Etre capable de voir en nous, d’observer les petits progrès, les petites victoires, de prendre soin de nous chaque jour comme nous le ferions pour une plante: nourrir (physiquement et spirituellement son corps et son esprit), couper les branches mortes, le passé, tout ce qui ne nous sert plus et nous empêche d’avancer, enlever les parasites, chercher le soleil, la lumière (même s’il faut prendre des chemins détournés, revenir en arrière, contourner des obstacles, les branches prennent des chemins incongrus pour aller chercher les conditions optimales…) pour croître, mûrir, que les fruits deviennent sucrés et juteux.

« – Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

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