let go

La nuit dernière je me suis couchée tard, si tard que mon corps ne savait plus s’il devait dormir ou se préparer à un proche réveil.

C’est donc épuisée que je suis sortie de mon lit ce matin… Agacée par ce manque d’entrain j’ai commencé à égrener le chapelet de tout ce que cette terrible fatigue m’empêcherait de faire : pourquoi  suis-je allée à cette soirée en pleine semaine, pourquoi me suis-je couchée aussi tard, pourquoi ai-je bu trois verres de vin… je ne vais jamais arriver à atteindre mes objectifs si je commence à sortir en semaine, je vais être incapable de travailler à mon roman, incapable d’aller à mon cours de Yoga, incapable de conduire jusqu’à…

La boucle était lancée. Il faut dire que j’ai un cerveau très performant pour s’auto-saboter, mais… Une petite voix a surgi de nulle part (fallait-il qu’elle ait du courage pour se mettre en travers du transatlantique lancé à plein régime)… « Sunny life project » a-t-elle d’abord timidement osé… Sunny, sunny life, j’ai autre chose à penser aujourd’hui ! Tout ce que j’ai à faire et que je ne pourrai pas faire ! «Changer son regard sur les choses… » s’est-elle à nouveau risquée

J’ai regardé par la fenêtre, une journée printanière s’annonçait, je suis allée remplir de graines la petite cabane que j’avais accrochée dans l’olivier pour nourrir les oiseaux et j’ai observé leurs allées et venues, je me suis progressivement laissée happer par ce fascinant spectacle : la terre continuait de tourner, même si je n’avais pas dormi…  Je suis rentrée me préparer un jus d’herbe (ma nouvelle lubie), j’ai touillé le liquide vert, longtemps, mon esprit engourdi par la fatigue se laisse aisément aspirer, attirer par quelques vaines occupations, je me suis mise à penser à la soirée de la veille, à l’accueil de Pauline, à son rire, à sa générosité, aux retrouvailles avec Emmanuelle, aux  conversations profondes et légères avec des inconnus, au badinage, à l’amitié et j’ai souri…

Oui j’ai souri, malgré la migraine qui s’annonçait, malgré une mine chiffonnée, malgré…

Alors j’ai décidé de prendre le contre-pieds de cet emploi du temps chronométré, planifié, maîtrisé : aujourd’hui je ne ferai que ce que mon corps, mes envies me suggèrent… Tant pis pour le reste… J’ai pris mon téléphone, annulé ce que j’avais à annuler et je me suis fait couler un bain.

J’ai lu, longtemps, L’Amour sans le faire de S. Joncour, j’ai rajouté de l’eau chaude pour prolonger le délice, jusqu’à ce que la peau de mes doigts plissent  (petite je refusais de quitter la baignoire avant ce signal).

Le corps encore tiède je me suis glissée dans les draps frais de mon lit et je me suis endormie en songeant à l’agitation du monde, je volais ces instants à la productivité, aux obligations qu’on nous impose ou que nous nous imposons. J’ai dormi de ce sommeil conscient de lui-même, celui des siestes voluptueuses,  j’ai attrapé mes rêves par la queue, j’ai prolongé les plus doux, chassé les mauvais…

Combien de temps me suis-je assoupie ? Je ne sais pas… Quelle importance? Aujourd’hui le temps pouvait aller se faire foutre, la vie coulerait selon mes caprices.

J’ai daigné sortir de ma bienheureuse léthargie pour aller acheter des magazines de décoration, le vendeur m’a lancé un : « Mais vous êtes en vacances aujourd’hui ? » presque sévère… J’ai répondu par un sourire entendu, je n’avais pas envie de parler, d’engager une conversation qui roulerait sur le temps, sur la crise ou sur les défaillances de l’équipe municipale en place… Je suis rentrée, mes munitions sous le bras, j’ai préparé un chocolat chaud et des tartines de beurre salée (le beurre de baratte breton avec de gros cristaux de sel), et je me suis délectée de ce plaisir régressif en tournant les pages des intérieurs sublimes qu’Ideat me donnait à rêver…

Let go…

 

 

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